Élection présidentielle américaine, qui a voté pour qui ?

Élection présidentielle américaine, qui a voté pour qui ?

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Après l’énorme raté des instituts de sondage concernant les élections présidentielles, essayons a postériori de ne pas rater le déchiffrage des résultats, et de bien repérer qui a voté et pour qui ? A défaut de bonnes prédictions, cette démarche est la base pour de futures analyses. Gageons que celles-ci seront certainement bien différentes suivant le but recherché par les personnes qui les font.
En attendant, les chiffres sont têtus et aux États-Unis, les statistiques ethniques sont autorisées. Le profil des électeurs est établi en fonction de leur genre, leur niveau d’éducation, leurs revenus, mais aussi ethnies. On peut donc en profiter. Ces chiffres font apparaître, que les électeurs blancs, ont représenté 70 % de l’électorat et parmi eux 58 % ont voté pour Donald Trump.
Les Noirs ont représenté 12 % des votants, et parmi ces votes, Trump a récolté 8 % des voix contre 88 % pour Hillary Clinton. Le scénario se répète pour les autres minorités, leur vote se tourne très majoritairement pour la candidate démocrate. Trump n’obtient que 29 % des voix dans la catégorie hispanique/latino et 29 % chez les Asiatiques.
Sur le plan économique, les chiffres attestent, que sur une grille qui partage la population en six catégories de revenus, il en ressort que les deux catégories les plus basses se sont classiquement plutôt tournées vers le camp démocrate. Trump repasse en tête à partir de la troisième catégorie, et les plus riches ont voté Trump. Les Américains qui gagnent plus de 250 000 dollars par an ont voté à 46 % pour la démocrate contre 48 % pour Trump.
Concernant, le niveau d’éducation, il semble difficile de le dissocier aussi de l’origine ethnique, car 51 % des personnes (toutes origines ethniques confondues) ayant un diplôme de lycée, ou moins ont voté Trump, contre 45 % pour Clinton. La tendance d’un vote des blancs sans diplôme pour les républicains a augmenté en quatre ans. Du côté des personnes non diplômées et non-blanches, on revient vers un vote démocrate avec 20 % pour Trump contre 75 % pour Clinton.
En conclusion donc, il ressort que les minorités et les plus pauvres se sont plutôt tournés vers les démocrates, tandis que Donald Trump a assis son vote en gagnant surtout des voix dans une bonne majorité blanche et économiquement un peu au-dessus.
Toutes ces constatations ne changent rien, bien sûr au résultat. Cependant, elles font apparaitre un bémol à la volonté de clivage trop marqué de certains. On ne voit pas apparaître de manière aussi tranchée une fracture entre des riches, nantis, intellectuels dont une partie serait estampillée « élite » (le mot élite devenant au passage une sorte de tare) et des pauvres, sans éducation et délaissés incapable de raisonnement et d’analyse.
Comme souvent la réalité est certainement un peu plus complexe, et si ce n’est pas en minimisant et en occultant les problèmes qu’on les résorbe, mais ce n’est pas non plus en les grossissant et en les exploitant.
De plus, difficile d’imaginer que l’élite ne fasse pas partie aussi du peuple et imaginer un peuple sans élite dans quelques domaines que ce soit.

Crédit photo : Gage-Skidmore

 

 

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