L’Agence nationale de la sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) dans la tempête.

L’Agence nationale de la sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) dans la tempête.

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L’Agence nationale de la sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) se retrouve à sa manière, elle aussi dans l’œil du cyclone. Elle doit faire face à une tourmente médiatique qui est la conséquence d’une gestion difficile de plusieurs affaires consécutives. On retrouve coup sur coup, la baisse du seuil de la dose maximale de baclofène, l’imbroglio autour du docétaxel et en dernier lieu l’affaire Levothyrox, un médicament pour la thyroïde. Une affaire dans laquelle une association de patients va porter plainte contre les autorités sanitaires et le laboratoire. Un point commun à toutes ces affaires, des erreurs dans la communication évidente. 

Difficile à l’heure actuelle, d’ignorer les remous qui agitent l’opinion publique à propos de la préconisation de l’ANSM concernant le médicament pour la thyroïde Levothyrox. La nouvelle formule conçue par le laboratoire allemand Merck KGaA a été faite à la suite des recommandations de l’Agence et mise en application en mars dernier. Depuis, plusieurs centaines de patients déclarent souffrir de vertiges, de crampes, de fatigue, de pertes de cheveux. Cependant, en août, l’autorité de santé persiste et elle recommande de ne pas revenir à l’ancienne formule après avoir pris la nouvelle. La situation ne s’étant pas améliorée, l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) va déposer une plainte contre le laboratoire, mais également contre les autorités sanitaires françaises.En juillet, l’Agence, suite à une étude de la CNAM a pris la décision de baisser drastiquement le seuil de la dose maximale de baclofène de 300 mg à 80 mg. Cette molécule est utilisée contre l’addiction à l’alcool. Cependant, les deux tiers des patients traités dans les centres d’addictologies prendraient plus de 80 mg de la molécule. De nombreux médecins signalent qu’en baissant cette dose, de nombreux patients risquent de retomber dans l’addiction. La Fédération des médecins de France (FMF) a quant à elle dénoncé une décision trop « hâtive ».

Le cas du docétaxel est encore plus révélateur du cafouillage ambiant dans la communication. C’est un anticancéreux qui permet d’éviter le risque de récidive dans le cancer du sein. Le 29 mars, l’Agence a avancé le chiffre de 48 morts en vingt ans suite à la prise de cette molécule, et elle a suspendu son utilisation. En juin, l’Agence européenne a pourtant jugé qu’il n’y avait pas de « sur-risque ». L’ANSM, ré-autorise alors l’utilisation au grand dam de certains médecins, qui ont dû s’adapter en urgence en remplaçant le docétaxel par le paclitaxel, pour rien.

La colère monte donc du côté des patients devant le manque d’information, mais aussi du côté des médecins qui voudraient un peu plus de concertation afin d’éviter des approximations, des revirements coupables, et plus de réelles informations en direction des patients.

Crédit photo : Marc Roux

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