Liliane Bettencourt : une fin de vie aisée mais loin d’être sereine

Liliane Bettencourt : une fin de vie aisée mais loin d’être sereine

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Au pays de l’argent et des grosses fortunes, quand on donne des signes de relâchement et de faiblesse, tout peut devenir compliqué. Liliane Bettencourt, l’héritière de l’empire l’Oréal, et la femme la plus riche du monde, vient de décéder après une fin de vie ternie par une retentissante saga judiciaire et familiale et de nombreuses révélations.

Tout commence plutôt bien, étant fille unique d’Eugène Schueller, le fondateur de l’Oréal, elle hérite de celui-ci à sa mort, mais elle confie la gestion de l’entreprise à François Dalle, qui donne au groupe son impulsion internationale. Entre-temps, à 28 ans, en 1950, elle épousa André Bettencourt, qui fut ministre sous Charles de Gaulle. Apparemment, une fille et une épouse-modèle, dans un monde facile, simple et sans gros nuages.

Voilà pour le début de l’histoire, la fin sera moins rose, car le passé va la rattraper et des secrets de familles pourtant bien tassés vont refaire surface. Ce sont tout d’abord, les accointances de son père avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut en effet un soutien du groupe clandestin d’extrême droite « La Cagoule » et son rôle dans la collaboration avec les nazis jette une ombre sur les raisons de sa réussite financière. Puis ce fut son mari André Bettencourt, qui est rattrapé par son passé et ses écrits journalistiques antisémites pendant l’occupation avant qu’il ne rejoigne la Résistance.

Ce n’est qu’un début, en effet, à la mort de son mari en 2007, Liliane Bettencourt se retrouve un an plus tard au centre d’un imbroglio judiciaire à rebondissements de plus d’une dizaine d’années l’opposant à sa fille, Françoise Bettencourt-Meyers, qui accuse le photographe François-Marie Banier d’abus de faiblesse à l’encontre de sa mère. Celui-ci, ami de la milliardaire et principal bénéficiaire entre 2006 et 2011 de près de 500 millions d’euros de dons et autres largesses. L’artiste a été condamné en 2016 à quatre ans de prison avec sursis. La fille supporte de moins en moins les frasques de la vie mondaine de sa mère, et cela mènera à la mise sous tutelle de Liliane Bettencourt.

Il ne faudra pas oublier pour compléter le tableau, la saga politico-judiciaire concernant le financement occulte de la campagne de 2007 du président Nicolas Sarkozy, par la milliardaire, révélé par des écoutes clandestines.

Jusqu’au bout, elle niera les effets d’une maladie cérébrale, pour continuer à vivre sa fin de vie comme elle l’entend et peut-être faire tout ce que ces moyens financiers lui auraient permis, mais que sa condition sociale ne lui permettait pas. Pour autant, selon des expertises médicales liées à la dispute familiale, elle était en état de démence sénile depuis 2006.

Crédit photo : mraqcarvalho

 

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