Japon : scandale dans le monde des Sumos

Japon : scandale dans le monde des Sumos

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Un scandale chez les sumos, c’est un fait particulièrement rare. En effet, la discipline n’a pas l’habitude de faire les gros titres dans la catégorie « fait divers ». Cependant, le champion mongol Harumafuji, a annoncé qu’il mettait fin à sa carrière après avoir fracassé le crâne de l’un de ses jeunes rivaux.

L’ affaire fait grand bruit au pays du soleil levant, car le sumo est particulièrement populaire. C’est avec une émotion difficilement dissimulée, que le grand champion de sumo Harumafuji, a annoncé mercredi mettre un terme à sa carrière. Il a déclaré lors d’une conférence de presse, « ma conduite n’était pas digne d’un yokozuna » et qu’il prenait « l’entière responsabilité » dans cette affaire.

Cette affaire concerne une agression, au cours d’une soirée alcoolisée entre lutteurs. Harumafuji, a envoyé à l’hôpital un autre sumotori mongol, Takanoiwa pour fracture du crâne et commotion cérébrale. L’écurie de Takanoiwa, a porté plainte il y a deux semaines, juste après la révélation de l’affaire au grand public. La police a ouvert une enquête, tout comme l’association japonaise de sumo.

Difficile de comprendre l’attitude de celui qui, a 33 ans, a déjà accédé au statut suprême de yokozuna en 2012 et remporté à cinq reprises la prestigieuse Coupe de l’Empereur, car son parcours est impressionnant. Il est né à Oulan Bator, la capitale mongole, et c’est le fils d’un champion de lutte mongole. A 15 ans, il est repéré lors d’un événement sportif par son futur maître Isegahama. Au début des années 1990, il s’envole pour le Japon sous le nom d’Asahifuji Byambadorj. Il emménage chez son maître, selon la tradition, et débute sa carrière de sumo. Il monte pour la première fois sur le dohyo, la plateforme d’argile où se déroulent les combats, au tournoi de janvier 2001. En 2008, il atteint le rang d’ozeki, sous le nom d’Harumafuji, et remporte son premier tournoi l’année suivante. Ses mensurations de 1,86 mètre pour 137 kg, en font l’un des lutteurs les plus légers de l’élite. Harumafuji atteint finalement le rang suprême de yokozuna en septembre 2012.

Parallèlement, il devient titulaire d’un diplôme d’avocat et d’une licence de policier en Mongolie, obtenue par correspondance. Cela va peut-être lui servir pour sa reconversion, car n’étant pas Japonais, il ne peut pas ouvrir d’école de Sumo.

Cet épisode, peu glorieux de ce sport très ancien, prônant la discipline, la hiérarchie, et une vision austère de la vie, met en lumière peut-être aussi des aspects moins rigides et moins nobles. Ainsi, plusieurs scandales ont émaillé ce sport traditionnel depuis les années 2000, et provoqué d’autres exclusions de lutteurs. Certains scandales mettent en cause les conditions d’entraînement des jeunes lutteurs avec des récits d’abus physiques extrêmes, mais aussi plusieurs cas de consommation de cannabis, et des rumeurs de combats truqués et de paris illégaux.

Crédit photo : Andy Seward

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