Élection Alabama : un revers pour les républicains, une claque pour le président Trump

Élection Alabama : un revers pour les républicains, une claque pour le président Trump

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A première vue, ce n’est qu’une élection de Sénateur, dans l’Alabama. Cependant, la victoire du démocrate Doug Jones apparaît particulièrement significative. D’une part, elle révèle que le clan démocrate a de la ressource, mais surtout que les choses empirent du côté de Donald Trump. Doug Jones, est devenu le premier sénateur démocrate élu depuis un quart de siècle dans l’État, qui en novembre dernier, avait donné à Donald Trump plus de 28 points d’avance sur Hillary Clinton. La défaite du candidat républicain Roy Moore, soutenue par le président est l’exemple parfait que, même en politique, il n’est pas possible de tout faire impunément, tout le temps.

Que dire de Roy Moore, le candidat républicain, est presque une caricature. C’est un évangélique opposé aux lois de l’évolution, et qui pense que « les lois de Dieu sont toujours supérieures aux lois des hommes ». Actuellement, il est aux prises avec de multiples accusations de pédophilie. Il a été exclu à deux reprises de la Cour suprême de l’Alabama. Ses prises de position déniaient aux musulmans la possibilité d’être élus. Il est farouchement contre la légalisation du mariage entre personnes du même sexe, et il a soutenu l’interdiction aux homosexuels de servir dans l’armée, estimant même, que l’homosexualité devrait être illégale. Dans de nombreuses déclarations, il a affirmé que Barack Obama n’était pas né aux Etats-Unis, et que le pays était parfait avant la guerre de Sécession « même si nous avions l’esclavage« . De fait, le soutien appuyé de Trump à ce type de personnages, au lieu de mettre de la distance, renforce une image d’un président qui apparaît n’avoir aucune véritable limite, et qui ne prend pas vraiment en compte la nature de son poste et de ses responsabilités.

Ce résultat, est aussi une sanction contre l’ex-stratège de Donald Trump, Steve Bannon. C’est un coup d’arrêt pour celui qui rêve de faire éclater le Parti Républicain, pour mieux le reconstruire à son image. L’Alabama, était le test de crédibilité ultime dans sa guerre contre l’establishment républicain, et en particulier Mitch McConnell, le leader de la majorité au Sénat. Plus globalement, un édito du « New York Times » explique, que « nous sommes en train de vivre une guerre civile au sein du parti républicain », avec des conséquences fâcheuses pour tout le monde, car « certains républicains ont décrit monsieur Moore comme une plaie biblique leur étant tombé dessus. C’est ignorer la complicité d’un parti à la merci de ses extrémistes. A chaque moment charnière, monsieur Moore a reçu l’aide de leaders du parti, qui ont refusé d’adopter une position unie, morale contre lui ».

Tout ceci se passe sur fond de fragilisation de la situation au Sénat pour les républicains, qui après l’élection de Doug Jones, ne disposent plus que d’une très courte majorité, 51 sièges contre 49. Autrement dit, il suffit de deux défections à droite pour perdre la majorité. Voilà de quoi mettre un peu plus de stress, et de pression sur tout le clan Républicain, qui de plus en plus, va ressentir le poids des divagations de Donald Trump comme autant de handicaps dans la perspective des prochaines échéances électorales de 2018 et 2020.

Crédit photo : Pastor Chris

 

 

 

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