Les leaders de mai 68 qui sont derrière Macron

Les leaders de mai 68 qui sont derrière Macron

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Certains font remarquer avec un peu de malice, mais aussi avec justesse, que les retraités qui manifestent actuellement sont en partie les jeunes qui manifestaient déjà en mai 68. Nous pourrions en conclure, que c’est une génération qui n’a pas perdu de sa vigueur ou de manière plus polémique, qui reste « jamais contente ». On peut en effet ironiser, à propos d’une génération qui a lutté contre la société de consommation, et qui maintenant lutte pour son pouvoir d’achat. Au milieu de tout cela, nous retrouvons par contre des anciens leaders de la contestation, du côté d’Emmanuel Macron, et qui ne sont pas allés manifester ce jeudi.

Qu’est-ce qui motive donc ces agitateurs de mai 68, que furent par exemple, Daniel Cohn-Bendit, Roland Castro, Alain Geismar, Romain Goupil, Serge July, pour s’engager derrière Macron ? Bien sûr, il doit y avoir de la lassitude, qui se mélange avec la perte des cheveux, et de bien des illusions. Les conquêtes que ce soit sociales, et les visions magnifiques d’il y a cinquante ans, sont souvent remises en cause. Si on sait très bien que le chemin est tout aussi important que la destination, il convient cependant, après avoir essayé de monter bien haut, de résister pour ne pas tomber bien bas.

Certains de ces « acteurs  » de mai 68, ne sont plus là, mais bien d’autres ont largement rengainé leurs armes, sont devenus contemplatifs, et parfois même, ont rejoint carrément, « le côté obscur de la force ».

Au milieu des décombres de la contestation, ces vieux réfractaires, ont donc fait un tri et bien souvent réduit leurs ambitions. Il ne s’agit plus de promouvoir, mais d’éviter. Tout d’abord, l’ennemi de toujours, l’extrême droite xénophobe, mais aussi François Fillon, et son programme reaganien, et même Mélenchon dans lequel Alain Geismar, l’ancien leader du Snesup, voit « le stalinisme, le vieux Parti communiste ».

Pour le vert « Dany le Rouge », et le cinéaste Romain Goupil, ex trotskyste, et animateur des comités d’action lycéens, le dernier farouche engagement reste l’Europe. « Or, il n’y avait qu’un seul candidat européen, c’était lui », précise le cinéaste, qui explique s’être adressé au président ainsi « à nous deux, on a 140 années d’expérience en agitations sans avoir fait l’ENA. On est les meilleurs conseillers, parce qu’on a tout foiré ».

« Mourir la belle affaire. Mais vieillir…ô vieillir », chantait le grand Jacques.

Crédit photo : Philou Philou

 

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