Triste record : toujours plus de personnes dans les prisons françaises.

Triste record : toujours plus de personnes dans les prisons françaises.

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Il faut se rendre à l’évidence, il y a de plus en plus de monde dans les prisons françaises. Un nouveau triste record a été battu. La population carcérale au 1er avril, est de 70 367 personnes incarcérées, a annoncé la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP). Cette augmentation est ininterrompue maintenant depuis 2002. Cela accentue toujours plus le problème de surpopulation carcérale dénoncée par les surveillants de prison, et cela pose la question de connaître les raisons de cette augmentation.

On serait tenté de dire que tout simplement, il y a plus d’habitants en France, et que ses habitants font tout simplement plus d’effractions. On peut aussi penser qu’il y a plus de réglementations et de lois, ou que les applications des peines sont plus dures par exemple. En fait, il y a un peu de tout cela.

Au départ, il faut rajouter selon la DAP, que le nombre de personnes emprisonnées en attente de leur jugement est en hausse, et a atteint son record depuis 2005. Ce recours selon Cécile Marcel directrice de L’Observatoire international des prisons (OIP), est accentué par « le contexte terroriste a pu jouer, les magistrats ouvrent le parapluie, ne prennent plus de risques ».

A cela, il faut rajouter selon l’OIP, la tendance est à plus d’incarcérations en France. Cécile Marcel, note « on incarcère de plus en plus, pas parce qu’il y a plus de délinquance, les chiffres de la délinquance sont assez stables, mais parce que les politiques pénales sont plus répressives depuis le début des années 2000« . Voilà qui prend à contre-pied, la vision classique qui voit toujours plus de laxisme.

Certaines effractions par exemple sont devenues passibles de peines plus lourdes comme l’occupation de halls d’immeuble ou la dénonciation des contrôleurs dans les transports en commun.

En parallèle de tout cela, le nombre d’aménagements de peine en détention comme la semi-liberté, et le placement extérieur diminuent. La baisse des aménagements de peine signalée par l’Etat, découle selon l’OIP de la baisse des crédits alloués à ces dispositifs « pourtant essentiels pour la réinsertion » des prisonniers. La justice, le respect des libertés, mais aussi la protection des biens et des personnes se heurtent donc à un manque de moyens.

D’un côté, on incarcère plus, de l’autre, on limite les solutions alternatives, donc fatalement même si le nombre de places en prison est passé d’environ 50 000, il y a dix ans à 59 459 au 1er avril 2018, elles restent largement insuffisantes par rapport au nombre total de détenus.

Des solutions sont envisagées comme la suppression des détentions courtes, mais assurent l’application de celles de plus d’un an, qui ne pourront plus être aménagées. Cette mesure est particulièrement critiquée par l’OIP qui prévoit, « la remise en question de l’aménagement des peines de deux ans pourrait créer un flux de 8 000 détenus supplémentaires «  et donc ne représente pas une solution.

Crédit photo : Denis Trente-Huitessan

 

 

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