Comment calcule-t-on l’inflation ?

Comment calcule-t-on l’inflation ?

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Très régulièrement, on nous donne des nouvelles de l’inflation, celle-ci est parfois à la baisse, souvent à la hausse. Elle représente un indicateur de l’évolution des prix. Le plus souvent, c’est la très renommée Insee, qui dévoile les résultats. Ce que l’on sait moins, c’est quels sont les produits qui servent à calculer l’inflation, ou dans le jargon, l’indice des prix à la consommation (IPC).

Les statisticiens de l’Insee constituent une liste de produits, appelée communément et de manière un peu sexiste le « panier de la ménagère ». Tout d’abord, l’institut ne fait pas les choses comme il veut, il s’appuie sur une liste de grandes familles de biens et services appelée Coicop, qui a été déterminé à l’origine par l’ONU, l’Union européenne l’a ensuite reprise à son compte.

Ensuite bien sûr, chaque pays décline la nomenclature de ces grandes familles à sa façon, et sélectionne les produits à travers ceux que consomme un ménage moyen dans son pays. Il est donc normal, que les produits suivis soient différents entre la France et l’Allemagne, car les consommateurs n’ont pas les mêmes habitudes d’achats d’un pays à l’autre, et l’on ne trouve pas exactement les mêmes produits en magasin ou ailleurs.

Pour la vérification, rien de plus classique pour une partie de ces produits, l’Insee leur associe un point de vente pour suivre l’évolution des prix tout au long de l’année. Chaque mois, ce sont 200 000 prix, qui sont relevés dans 30 000 points de vente répartis dans 100 agglomérations tirées au sort. À cela s’ajoutent, 190 000 relevés effectués en bureau. Ils concernent des produits vendus sur internet, ou ceux dont le prix est le même partout en France, comme les paquets de cigarettes.

On comprend aisément, que l’Insee ne rende pas publique la liste de produits. Si des enseignes connaissaient les produits suivis, elles seraient tentées d’en baisser le prix pour attirer des clients et compenser en augmentant le prix des autres, qui ne sont pas suivis par l’Insee. Ce comportement fausserait le calcul de l’inflation. Cependant, l’Insee s’empresse de préciser, « elle n’est pas secrète non plus, si certains en ont besoin d’une partie pour des travaux de recherche, on leur transmet ».

La liste est actualisée à la fin de l’année, si un produit disparaît des rayons, les enquêteurs vont en chercher un autre, d’une marque différente, mais qui présente exactement les mêmes caractéristiques. Si le produit n’existe plus, et a fait place à un produit plus performant, les statisticiens vont prendre en compte cet « effet qualité » pour mesurer l’évolution des prix à qualité constante.

Pour la petite histoire, l’Insee ne mesure que des prix légaux et affichés en France, donc la prostitution, et la drogue ne sont pas suivies par les enquêtes de L’Insee, même si les deux éléments figurent dans la Coicop.

Crédit photo : ilquotidianodellapa.it

 

 

 

 

 

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