L’Opus Dei sort de l’ombre

L’Opus Dei sort de l’ombre

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Dès la première page du Da Vinci Code, le mal est fait. Secte criminelle, morale chrétienne rétrograde, lavages de cerveau, lien avec – l’inexistante – société secrète du Prieuré de Sion. Tout est bon pour accabler l’Opus Dei. Entre silence absolu ou sortir de sa torpeur, la prélature du pape a sa tactique : la com’.

2003. Date clé pour les férus de lecture. Le Da Vinci Code fait son apparition. Gros carton littéraire, le pavé de 500 pages se vend à 86 millions d’exemplaires dans le monde entier. Dan Brown réalise ici un chef d’œuvre de l’intrigue, mêlant histoire et fiction, science et religion.

2003 c’est aussi le début des problèmes pour l’Opus Dei. L’auteur à succès n’y va pas de main morte avec l’institution, qu’il égratigne au passage. Le lecteur se perd dans les contre-vérités et les mythes forgés au fil du bouquin. La confusion règne dans l’esprit du public, qui associe l’Opus à l’antichambre du Vatican, prélature dans laquelle des fanatiques religieux assassinent sans vergogne les agnostiques au nom de Dieu ou s’infligent eux-mêmes des sévices. Bref, en deux mots, il dépeint l’Opus comme une fraternité d’illuminés.

Pourtant, désolé de décevoir, mais il n’en est rien. Rien de tout cela. Pas le moindre morceau d’intrigue ou de complot. L’Opus Dei est une simple organisation, au service des chrétiens qui tend à populariser la foi au travail, dans la famille et tente de répondre à qui se pose des questions sur Dieu. Elle n’a d’exceptionnel que son statut de prélature personnelle du pape.

Mais depuis quelques temps les membres de l’Opus ont décidé de se jeter corps et âme dans la gueule du lion. Celui-là même qui les attaque si vigoureusement ces dernières années : internet.

Une armada de blogs, comptes Youtube, Dailymotion, Flickr, Twitter, et maintenant Facebook, envahit la toile. La porte-parole de l’Opus en France, Béatrice de La Coste a notamment un blog, dans lequel elle expose ce qu’est vraiment l’institution, qui sont ses membres et que font-ils ? Qu’est-ce que l’Opus Dei ?

« A l’heure du « numérique de seconde génération », je souhaite utiliser tous les moyens possibles pour toucher des personnes en recherche de sens, qui ne sont pas forcément en lien avec l’Eglise. » peut-on lire sur le site. Tant d’années d’humiliations ont entaché la réputation de la prélature, que la porte-parole défend ici son clocher en recollant les morceaux.

Si l’Opus Dei essaie d’être aujourd’hui tant présent dans les média, c’est bien pour retrouver une certaine sérénité à l’intérieur de ses murs et se débarrasser de l’étiquette du « monstre noir » qui lui colle à la peau.

En quête de légitimité, l’établissement se forge une identité qui lui ressemble, proche du public et de ses fidèles, pour démonter toutes les fables qui ornent la toile. Ah la com’, cette formidable arme de persuasion massive.

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