Devrait-on laisser les enfants se maquiller?

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photo_petite fille maquillée_Arthur CarantaLes petites filles et certains petits garçons veulent souvent faire comme ce que fait leur maman en se maquillant. Mais est-ce normal?

Melle Lima est une youtubeuse qui a déjà 21 000 abonnés et compte près près d’une centaine de milliers de vues donnent des conseils pour se maquiller et fait des tests produits. Elle a une beauté influente, et ce depuis ses 6 ans. Elle reçoit souvent des commentaires comme « Tu es belle comme un ange et tu es trop chou », « Plus tard tu vas être une pro du make-up je le sens », mais également des commentaires comme « Je trouve que se maquiller ce n’est pas de ton âge, mais je dis pas que c’est nul, c’est que ça va juste te gâcher la peau et à la base le maquillage c’est pour cacher les imperfections », ou encore « Mais laissez là s’amuser! Elle le dit dans ses vidéos, qu’elle joue juste à se maquiller… »

Ces échanges reflètent bien le dilemme que doivent faire face les parents attirés par les palettes de maquillage à l’image de leurs héroïnes préférées ou juste la trousse à maquillage de leur mère. Une maman avait déclaré qu’elle n’en savait pas quoi penser de l’obsession de sa fille: « Dès que j’ai le dos tourné, je retrouve ma petite dernière de 5 ans avec du rouge sur les lèvres, du fard sur les joues ou du vernis sur les ongles », raconte-t-elle. « Pour l’instant, c’est mignon à la maison, mais je ne pense pas que je la laisserai se maquiller vraiment pour sortir avant 14-15 ans ».

Le psychiatre Xavier Pommereau, auteur de Nosados.com estime que le maquillage ne doit pas sortir du domaine du jeu de rôle. « On peut jouer à la maman, en lui empruntant ses chaussures et son maquillage, en se déguisant finalement. Mais il faut faire attention, car même lorsque c’est “pour de rire” comme disent les enfants, le maquillage reste une entreprise de séduction. On parvient vite à une caricature qui sonne faux avec de faux ongles, de faux tatouages, beaucoup trop de faux », explique-t-il.

Le jeu devrait s’arrêter quand la séduction commence, mais la frontière qui les sépare est moins évidente pour les « préadolescents ». Xavier Pommereau estime que « dès 9, 10 ans, ils sont aspirés par la planète ado, cherchant à adopter leurs us et coutumes, mais il ne faut pas oublier qu’à l’adolescence, le corps et les relations se sexualisent. Ils ont beau être très proches des adolescents par leur apparence, ce ne sont que des enfants et il est bon de le leur rappeler ».

Mais il faut aussi le rappeler aux parents qui contribuent à cette « obsession » assez étrange. En effet, un rapport parlementaire de 2012 avait évoqué: « Contre l’hypersexualisation, un nouveau combat pour l’égalité », qui réfutait l’hypothèse de l’envahissement de l’hypersexualité. « Tous les parents s’étonnent de la précocité de leurs enfants et, dans la très grande majorité, posent des normes », déclare la sociologue Aurélia Mardon.

Crédit Photo: Arthur Caranta/flickr.com

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