Moisson : une année jugée catastrophique, même par les plus anciens

Moisson : une année jugée catastrophique, même par les plus anciens

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A priori, ça va être une moisson record, mais pas dans le bon sens du terme, la moisson céréalière 2016 s’annonce catastrophique. Elle devrait plonger la filière dans la crise, car depuis quelques années, la situation s’est dégradée. la France va, pour la première fois de son histoire, perdre sa place de leader européen de l’exportation de blé au profit de l’Allemagne.

Le rendement devrait accuser une chute de plus de 30 % par rapport à l’année dernière. En cause, des conditions climatiques peu favorables. Philippe Pintat, le président de l’association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) précise, “on a eu peu de luminosité, donc la photosynthèse n’a pas fonctionné, et on a eu de l’eau de façon très abondante”. Pour ce dernier, “75 % du territoire est concerné“.

Cependant, tout ceci semble être, que le révélateur d’une situation déjà largement compromise depuis des années.“Pratiquement, la moitié des exploitations était dans le rouge avant cette année“, tient à rappeler Philippe Pintat. La moisson de cet été devrait se solder par une perte de quatre milliards d’euros. Les conditions actuelles conjuguent prix bas et manque de volume, “ça va être extrêmement compliqué, il y a des inquiétudes énormes“.

Les plus anciens témoignent, et concèdent, “qu’ils n’ont jamais vu ça”. Les jeunes agriculteurs ont décidé de se réunir, chacun dans leur département, afin de faire le point, pas simplement pour trouver des solutions pratiques, mais avant tout pour éviter que chacun rumine, et s’enferme dans des problématiques qui apparaissent vite insurmontables. Il faut “éviter que certains ne fassent des conneries, car il y en a qui sont vraiment désespérés“. Il faut se rappeler, que selon le dernier rapport de l’Observatoire national du suicide de novembre 2014, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

Hélas, on ne peut regretter que ces situations se répètent trop souvent. Cela donne une impression que le métier, malgré toute la technologie et les aides en place reste à la merci de n’importe quel aléa, et qu’il ne peut survivre sans l’aide de la collectivité, qui n’a pas besoin de cela.

Crédit photo : Francoise Bautz

 

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