Le chanteur, et parolier du groupe Zebda parmi les 16 sélectionnés pour le prix Goncourt

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Magyd Cherfi, vous le connaissez surement, c’est le chanteur du groupe Zebda. Cependant, loin de s’enfermer dans une étiquette, le personnage prend du volume, et c’est maintenant avec l’écriture qu’il continue son chemin. Le chanteur et parolier du groupe Zebda a appris mardi sa présence parmi les 16 sélectionnés pour le prix Goncourt, grâce à son livre “Ma part de Gaulois”.

 “C’est magnifique. C’est un petit plaisir rare”, ce sont les premiers mots et la première réaction de celui, qui a connu le succès auprès du grand public grâce au groupe Zebda, et au très populaire « Tomber la chemise ». Quelle évolution, pour celui qui a maintenant 53 ans. Il reste le chanteur et le parolier du groupe, mais c’est une autre vie qui s’accomplit maintenant. Magyd Cherfi, vit ainsi la consécration de sa carrière d’auteur à travers cette nomination pour son troisième roman.  Il a choisi de parler de lui, de sa vie, de sa jeunesse de petit Beur dans le quartier toulousain des Izards.

 Il est né à Toulouse en 1962, de parents kabyles. Il devient “le premier Arabe de la cité à décrocher le bac”. Ce diplôme, qui représente une formalité pour certains, et une simple étape pour d’autres, s’avère être une source de profond dilemme pour Magyd Cherfi. Il devient le symbole de cette équation qui semble insoluble. Comment concilier sa vie et devenir français en acquérant la culture française, sans renier ses racines, les siens, ses amis, qui, eux, restaient dans les quartiers, à l’écart de ce pays qu’ils enviaient et détestaient ?

 Pourtant, pousser par sa mère qui voulait sa réussite, il a toujours aimé les livres, bien parler et respecter la langue de Molière. Tout ceci apparaît pour certains de ses camarades comme une sorte de trahison à ce qu’ils sont. “Mes potes voulaient en découdre, je voulais faire allégeance au verbe français”. Il parvint cependant à faire sa place et, devint même un chef de file en créant une association de soutien scolaire.

 Puis, ce sera les chansons du groupe Zebda, la reconnaissance et la notoriété avec toujours en fond, le militantisme contre le racisme. L’attentat du 13 novembre va être l’occasion d’une affirmation définitive dans la tribune appelée “Carnage”. Il y écrit, “il y a des jours comme ça où on aime la France, où on a envie de chanter la Marseillais. C’était un carnage et c’est mon jour de baptême, je deviens solennellement français, c’est dit. Je promets devant le fronton des mairies d’aimer la France pour le pire et le meilleur, de la protéger, de la chérir. Il y a des jours où même noir ou même musulman, on veut bien que nos ancêtres soient gaulois.”

 Magyd Cherfi est devenu après cette déclaration définitivement un traitre et un vendu pour certains. Il a peut-être tout simplement choisi sa voie et visiblement avec ce roman et cette reconnaissance, il trouve au moins une patrie, l’écriture.

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