Une réforme de l’éducation provoque un tollé en…Angleterre

Une réforme de l’éducation provoque un tollé en…Angleterre

1

En Angleterre, c’est comme en France, quand vous touchez au système éducatif, les réactions sont épidermiques. Theresa May est en train de le confirmer, elle vient de déclencher une tornade politique avec une réforme de l’éducation, et en particulier des fameuses écoles d’élites britanniques.

On le sait, le système éducatif britannique est l’un des plus sélectifs au monde. En haut de la pyramide, les “public schools”, qui sont en fait des établissements privées, ultra-élitistes. Le prix de ces écoles est actuellement de 327 000 euros en moyenne pour dix années de scolarité. Il faut multiplier par trois si l’élève est pensionnaire. Vous l’avez compris, l’école n’est accessible qu’à certains, à qui elle donne, outre une formation exceptionnelle, un accès aux meilleures universités, mais aussi un accès dans tous les réseaux de pouvoir. On retrouve donc toujours les mêmes, les mêmes familles, à la manière de l’ENA en France. Dans le dernier gouvernement britannique, la plupart des ministres sortaient d’Eton. Aujourd’hui, tous les échelons supérieurs de la hiérarchie politique et économique, voire culturelle, sont occupés par les anciens élèves de ces écoles secondaires privées.

Theresa May veut changer le système en instaurant une sorte de “donnant-donnant”. Ces écoles continueront à profiter de leur statut fiscal privilégié, que si elles financent une nouvelle école, gratuite celle-ci, et qui sera jumelée avec elles, dans les régions déshéritées.

Les universités n’auront le droit d’augmenter les frais d’inscription que si elles subventionnent un établissement dont les performances sont médiocres à cause de la localisation, ou si elles en créent un. Il est question de recréer des “grammar school”, des écoles où l’on entre par la sélection méritocratique, où il y aurait des filières d’accès spécifiques pour les enfants de milieu défavorisé.

Mais quel diable a piqué Theresa May, qui agit ainsi contre les intérêts de sa propre majorité conservatrice dont les membres appartiennent bien souvent à cette élite qui a fréquenté ces glorieux établissements. Elle explique qu’aujourd’hui, la sélection dans les bonnes écoles se fait par l’argent exclusivement, et que ce n’est pas admissible. Tout ceci n’est pourtant pas vraiment nouveau, mais en fine politique, on peut parier qu’elle entend faire des gestes forts en direction des exclus ou de ceux qui se sentent exclus. Après tout, ce sont surtout eux qui ont fait avancer le Brexit.

Crédit photo : Nick Herbert

1 COMMENTAIRE SUR “Une réforme de l’éducation provoque un tollé en…Angleterre”

Commentez