Des prêtres assassinés dans le très catholique Mexique

Des prêtres assassinés dans le très catholique Mexique

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Au Mexique, deux prêtres ont été abattus par balles, et retrouvés lundi dans l’État de Vera Cruz dans l’est du Mexique. Depuis 2012, ce sont 14 ecclésiastiques qui ont été tués au Mexique. Cela peut paraître étonnant dans, ce qui constitue à l’heure actuelle le second pays catholique du monde.
Il est vrai, que le pays reste un endroit de notre planète, dans lequel la violence est omniprésente. On ne dénombre pas moins de 166 000 personnes tuées, et plus de 27 000 sont portées disparues en dix ans. La guerre entre les cartels fait rage, ceux-ci n’aiment pas que l’on mette le nez dans leurs affaires. Tout ce qui tourne de près ou de loin aux droits de l’homme, aux engagements humanitaires trop importants et aux actions sociales un peu trop revendicatives, sont pris pour des ennemis, et donc des cibles. Dans cet esprit, certains hommes d’Eglise paient le prix de leur engagement, humanitaire comme social.
En 2013, deux ecclésiastiques avaient été battus à mort par des voleurs dans une église d’Ixhuatlan de Madero, une autre localité de l’Etat de Vera Cruz. Cet Etat, riche en pétrole, est le théâtre d’une guerre sanglante entre les cartels de drogue des Zetas et celui de Jalisco Nouvelle Génération.
A cela, il faut rajouter aussi, une autre raison plus précise pour s’en prendre à des prêtres. Pour Jean Rivelois, sociologue et chercheur à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) interrogé par LCI, “les églises aident, à travers leurs associations, les clandestins d’Amérique centrale à traverser le Mexique pour se rendre aux Etats-Unis. Or, ces migrants font souvent l’objet d’enlèvements ou de vols de la part des narcotrafiquants, et des autorités policières. Un fait que dénoncent certains prêtres. Au risque d’être eux-mêmes, enlevés, torturés ou assassinés”.
C’est ce qui a failli arriver à Alejandro Solalinde, un prêtre devenu populaire pour avoir ouvert un centre d’hébergement pour migrants dans l’Etat de Oaxaca, au sud du pays, il a dû s’exiler temporairement du Mexique en 2012. “Nous te tuerons” disait l’un des messages reçus par l’homme de foi qui assure, “ma tête était même mise à prix. Ils offraient 5 millions de pesos (358 000 euros environ) pour me tuer”.
Paradoxe, dans ces régions d’Amérique latine très chrétiennes, c’est le même christianisme qui demeure un pôle de résistance face à l’oppression politique, à l’exploitation de l’homme, et à la haine de la foi. Les narcotrafiquants assassinent régulièrement des prêtres. Les cartels et paramilitaires, tueurs d’extrême-droite ou d’extrême-gauche, caudillos ou mafiosi, s’en prennent aux chrétiens avec la même haine. Pourtant, tous ces gens avides d’argents, et de pouvoir respectent en principe l’église et ses prêtres, mais c’est à condition que celle-ci joue le jeu, les aide ou du moins ne les empêche pas de maintenir, une mainmise et un ordre social dans lequel, ils sont au sommet.

Crédit photo : Guy Le Page

 

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