Réfugiés : les pays riches n’assument pas selon Amnesty international

Réfugiés : les pays riches n’assument pas selon Amnesty international

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Une chose est sûre, le dernier rapport d’Amnesty international, ne va pas faire plaisir à certains, mais il a le mérite de remettre les réalités en face. 86 % des réfugiés dans le monde sont accueillis dans des pays en voie de développement et dix pays, représentant moins de 2,5 % du PIB mondial, accueillent à eux seuls 56 % des réfugiés de la planète. En clair, il démontre selon l’ONG un égoïsme des pays riches, qui ne fait qu’aggraver la crise.
Les chiffres sont têtus, et même si on peut leur faire dire beaucoup de choses, certains sont sans équivoque. Dans la liste des dix pays accueillant le plus de réfugiés, on ne trouve aucun pays européen ou d’Amérique du Nord. « Ce sont la Jordanie, la Turquie (plus de 2,5 millions de personnes), le Pakistan (1,6 million) et le Liban (1,5 million) qui ont accueilli le plus de réfugiés », souligne le rapport sur la base de chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
L’ONG déplore aussi des choix de politique idéologiques plus coûteux que des solutions simples et plus réalistes. Le maintien à distance des réfugiés, se traduit aussi par des choix financiers qui n’aident en rien les réfugiés. Par exemple, “Eurosur, le système de surveillance de la Méditerranée coûte des millions d’euros chaque année, alors que la mise en place d’un système de sauvetage, à moindre frais est possible”, relève ainsi Jean-François Dubost le responsable du programme de protection des populations à Amnesty international France, qui évoque aussi « tout cet argent dépensé par le gouvernement hongrois pour organiser un référendum sur les réfugiés ».
Quand on parle des réfugiés, on parle actuellement de 21 millions de personnes, soit 0,3 % de la population mondiale. Pour le responsable du programme de protection des populations à Amnesty international France, la crise mondiale des réfugiés porte mal son nom. “Cela induit, que c’est des réfugiés que vient le problème alors que l’on parle de millions de personnes jetées malgré elles sur les routes. C’est davantage une crise des États, des dirigeants de ces États, et des responsables politiques”.
Que les pays en voie de développement ou les pays voisins des zones de conflit continuent à assumer de manière aussi disproportionnée l’accueil des réfugiés est “une situation intenable”, estime Amnesty. Cela ne fait que reporter les problèmes sur les pays voisins qui peuvent à leur tour se retrouver en difficultés. Comme toujours, il vaut mieux aborder le problème de suite, et ne pas attendre.
En attendant, en matière de politique intérieure, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, et trouver des excuses, du style, on en accueille trop, les autres pays ne font pas leur part. Si on ne veut plus accueillir de réfugiées, disons clairement que l’on ne veut pas faire plus d’effort, et que nous ne voulons plus tendre la main. On referme les volets et on ferme les yeux pour ne plus voir.
Au cours du sommet de New-York à l’ONU le 19 septembre 2016, les pays participants sont tombés d’accord sur la nécessité d’un partage renforcé de l’accueil des réfugiés. Cependant, aucune mesure contraignante n’a été adoptée. Le travail pour répondre de façon concrète à l’accueil des réfugiés va continuer”, insiste la porte-parole du HCR. La ligne d’horizon désormais, c’est l’adoption d’un pacte mondial sur les réfugiés en 2018.

Crédit photo : Amnesty international Belgium

 

 

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