Danemark : la confiscation des biens des migrants, rapporte 15 000 euros

Danemark : la confiscation des biens des migrants, rapporte 15 000 euros

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Il y a pratiquement un an, le Danemark avait adopté une loi qui a fait beaucoup parler d’elle. Cette loi particulièrement controversée devait permettre au Danemark, de confisquer aux demandeurs d’asile, argent ainsi que les biens de valeur pour financer leur séjour. Il faut bien avouer que le résultat apparaît dérisoire, environ 15 000 euros.

Nous sommes en janvier 2016, et la ministre Inger Stojberg, qui ne cache pas ses opinions anti-immigration, déclare que l’État n’a pas à payer “pour ceux qui peuvent le faire par eux-mêmes“. Cette réaction, arrive dans un pays de 5,6 millions d’habitants, et qui a reçu 21 000 demandes d’asile en 2015, ce qui en fait proportionnellement à sa population l’un des pays européens accueillant le plus de réfugiés. Une certaine “peur” s’empare de la société danoise, dont une partie se radicalise avec une poussée xénophobe dans le pays. Aux élections législatives de juin 2015, un Parti anti-immigration, le Parti populaire danois, était arrivé deuxième avec 21 % de voix. Dans ce contexte, le Parlement danois, adopte une loi visant à confisquer les objets de valeur des migrants arrivant au Danemark. La police est autorisée à fouiller les bagages des migrants pour saisir l’argent liquide, et les objets de valeurs supérieures à 1 340 euros. Les objets à forte valeur sentimentale, comme les alliances, ou les objets reconnus nécessaires, comme les portables ou les montres échappent à la confiscation.

Dans la foulée, la loi a également permis de diminuer les droits sociaux des réfugiés, et d’allonger les délais de regroupement familial, et d’octroi du permis de séjour permanent.

Bien sûr, à l’époque de son vote, les associations de défense de droits de l’Homme, et le haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU, avaient fortement réagi.

Au bout du compte, on est tenté de dire “tout ça pour ça”. Le résultat concret de cette mesure apparaît aujourd’hui insignifiant, seulement 15 000 euros ont été saisis. Avec par exemple, une partie de l’argent d’Ali Abdel Razaq, un réfugié irakien, invalide, qui raconte pour une radio qu’il “destinait cet argent à une opération ou un équipement médical. J’ai été atteint par trois explosions de bombes en Irak quand j’étais policier”.

Cependant, le résultat est peut-être ailleurs, surtout dans l’image et la communication. Tout ce tapage avait certainement pour but de dissuader en amont les éventuels migrants afin de réduire le flux migratoire au Danemark. Selon le gouvernement, les demandes d’asile ont fortement chuté depuis le rétablissement en janvier des contrôles d’identité à sa frontière avec l’Allemagne.

Crédit photo : Damien Roué

 

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