L’espionnage en France : 20 282 personnes seraient concernées

L’espionnage en France : 20 282 personnes seraient concernées

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La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), vient de dévoiler son premier rapport. Elle révèle qu’entre le 3 octobre 2015 et le 2 octobre 2016, ce sont 20 282 personnes qui ont été espionnées par les services français. 47 % des personnes surveillées l’ont été dans des dossiers terroristes et 29 % au titre de la « lutte contre la criminalité organisée » ainsi que de la « prévention des violences collectives ».
Le CNTR, est une commission composée de dix-sept personnes dont neuf “sages”, quatre hauts magistrats, quatre parlementaires, mais aussi des techniciens. C’est une instance indépendante, qui bénéficie d’un budget de 2,9 millions d’euros, qui vérifie la validité des techniques déployées de la DGSE, de la DGSI, de Tracfin ou encore de la Direction du renseignement militaire. Elle s’est réunie de manière collégiale à 180 reprises à raison de trois fois par semaine pour examiner des cas individuels et mener des dossiers de fond. Au terme des examens, la CNCTR a retoqué 6,9 % des demandes.
Le rapport indique, que les personnes qui ont été espionnées, l’ont été par l’emploi de différentes techniques plus ou moins intrusives. Cela va pour le plus simple, par l’obtention des « fadettes » (facturations détaillées) de la personne ciblée. Cependant, des moyens plus lourds peuvent être employés comme la sonorisation ou l’installation de moyen vidéo dans les domiciles en passant par les interceptions de sécurité, la géolocalisation, l’accès en temps réel aux données de connexion, ou encore l’emploi encore parcimonieux des « IMSI catchers » permettant de siphonner à distance les données de connexion des téléphones mobiles.
Si au total, 47 % ont été surveillés au titre de la « prévention du terrorisme », 5 848 autres, soit 29 % du total, ont été ciblées dans des dossiers de lutte contre la criminalité organisée ainsi que « la prévention de violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique ». Sur ce point, la CNCTR, prévient que « cette finalité ne saurait être interprétée comme permettant la pénétration d’un milieu syndical ou politique ou la limitation du droit constitutionnel de manifester ses opinions, y compris extrêmes, tant que le risque d’une atteinte grave à la paix publique n’est pas avéré ». Cette affirmation vient en réponse aux remarques de nombreux observateurs, qui y ont vu une disposition visant les zadistes, mais aussi les no-borders, les blacks blocks ou encore les hooligans.
Les autres 24 % de personnes placées dans les radars des services, qu’ils soient Français ou étrangers, ont été soupçonnés de porter atteinte à « l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale », d’espionnage industriel ou encore d’être liés à la « prolifération des armes de destruction massive ».
Pour être franc, la démarche est plutôt inédite dans le monde disons plus “discret” de l’espionnage, et ne permet pour l’instant « aucun point de comparaison avec l’étranger », précise le conseiller d’État Francis Delon, président de la CNCTR.

Crédit photo : Pierre Beteille

 

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