Le FMI confirme Christine Lagarde à sa tête

Le FMI confirme Christine Lagarde à sa tête

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Certains ont pensé que Christine Lagarde allait payer au FMI le verdict disons “embarrassant” dont l’ancienne ministre a fait l’objet ces derniers jours. En fait, il n’en est rien, le conseil d’administration du FMI, s’est réuni d’urgence hier à Washington, et il a réaffirmé sa « pleine confiance » dans sa capacité à assurer ses fonctions.
Vu comme cela, cela paraît bien étrange en effet, pourquoi un organisme comme le FMI, qui a pour mission de donner des leçons de gouvernance à ses 147 pays membres, garde à sa tête une personne que la Cour de justice de la République a reconnu s’être, rendue coupable d’une négligence qui a coûté 404 millions d’euros aux contribuables français.
Tout d’abord, la décision de garder ou pas Christine Lagarde est une décision dans laquelle les pays européens collectivement pèsent encore lourd au sein du conseil d’administration, et ils continuent de soutenir Christine Lagarde. Cette dernière, semble avoir fait preuve, d’une totale transparence et clarté avec les administrateurs sur cette vieille affaire. Le conseil d’administration du FMI, est donc au courant déjà depuis au moins cinq ans, et à leur manière, ils ont déjà jugé que cette affaire n’est pas de nature à l’empêcher de faire son travail. Ils ne vont donc pas changer d’avis d’un coup. « Sa carrière est maintenant entachée d’une marque grise. Pour ceux qui ne l’aiment pas, la question pourra être soulevée…mais je pense qu’elle reste très respectée » résume Edwin Truman du Peterson Institute for International Economics.
Ensuite, la situation internationale tend à privilégier la continuité et la solidité de l’organisation pour faire face à une situation économique, toujours très tendue, sur fond de crise financière, surtout pour la zone euro. Le FMI ne peut se permettre quelques mois de flottement, alors que le système bancaire italien est fragile, et tandis que la banque centrale européenne est obligée de pratiquer une politique ultra-généreuse pour éviter une rechute en récession.
A tout ceci, se rajoute l’arrivée sur la scène internationale de Donald Trump. Sa vision nationaliste est peu compatible avec la tradition multilatéraliste et libre-échangiste du FMI. La question du soutien financier des États-Unis au FMI va donc se poser de manière encore plus grave au cours des prochains mois.
On peut donc conclure, que dans cette affaire, le calendrier national qui reconnaît une responsabilité, sans vouloir condamner est en retard par rapport à l’international. Le jugement de Christine Lagarde sur la scène mondiale n’est juste plus d’actualité.

Crédit photo : picsaisne

 

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