Pauvreté en France : des associations veulent combattre les idées reçues

Pauvreté en France : des associations veulent combattre les idées reçues

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Si l’on a l’intention réelle d’améliorer les choses et de combattre ce qui ne va pas, la moindre des choses et de ne pas masquer ou pire de “travestir” la réalité. C’est pour cela qu’une cinquantaine d’associations de lutte contre la précarité sont parties en guerre contre les discours de certains politiques, qui relaient des idées reçues sur les pauvres. Elles lancent une campagne dans l’espoir de barrer la route à ces préjugés.
Il s’agit de “ne pas laisser dire n’importe quoi”, et pour cela, ces associations ont décidé d’être plus offensives. Il devient impossible de ne pas réagir, car la pauvreté est maintenant largement instrumentalisée à bon compte. Le discours politique s’y réfère sans cesse et les différents candidats tiennent à montrer qu’ils se préoccupent des plus démunis quand cela les arrange, pour mieux énoncer dès le lendemain, des contre-vérités.
Certains politiques utilisent plusieurs langages suivant leur auditoire. Un discours nationaliste soutient qu’il est inadmissible qu’un Etat laisse un compatriote dans la rue, le SDF devient alors la première victime de la mondialisation qu’il faut arrêter. Cependant, ce même SDF peut devenir, dans un discours économique libéral un assisté que “les allocations de chômage n’incitent pas à la reprise de l’emploi”.
Bien d’autres idées reçues circulent facilement, “mieux vaut être migrant que sans-abri français” (pour bénéficier d’aides), “les étrangers volent le travail des Français”, “la protection sociale, coûte beaucoup trop cher et ne sert à rien”. Ces affirmations sont déjà présentent dans les conversations de comptoir ou les discussions familiales animées.
C’est tout simplement ne pas vouloir entendre, par exemple, comme le rappelle François Soulage, le président du collectif d’associations “Alerte”, “dire aujourd’hui que quelqu’un est chômeur parce qu’il ne cherche pas de travail, c’est une contre-vérité évidente. Il y a 300 000 emplois vacants et 3,5 millions de chômeurs. Dire qu’un SDF est sans domicile fixe parce qu’il n’a pas d’emploi, c’est faux. Un SDF sur quatre a un emploi, mais n’a pas de logement adapté”.
A l’heure où on parle de décalage entre le politique et le monde réel, certains prônent une attitude populiste devenue apparemment indispensable. Il est bon de se rappeler qu’il y a un million de pauvres de plus en dix ans, 50 % de SDF en plus entre 2001 et 2012, et une augmentation de 24 % des expulsions locatives l’an dernier.
Le collectif va donc lancer une campagne fin janvier, on y trouvera un site démontant les idées fausses, des plateformes rassemblant les propositions des associations, et des visuels relayés sur les réseaux sociaux. La solution sera en marche quand ce que nous dirons au comptoir d’un bar obligera les politiques à changer leurs discours.
“Si l’on n’est pas vigilant, les journaux font haïr les oppressés et aimer les oppresseurs” Malcolm X.

Crédit photo :  David P.

 

 

 

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