La mondialisation : un coupable idéal, mais pas un responsable unique

La mondialisation : un coupable idéal, mais pas un responsable unique

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Apparemment, pour une grande majorité des dirigeants des pays, la “mondialisation” semble être la cause de tous les maux économiques, et surtout celui de la désindustrialisation. Évidemment, ce n’est pas le même son de cloche chez les dirigeants des grandes entreprises. Cependant, si l’on regarde d’un peu plus près, en prenant le cas des États-Unis, si cher à Donald Trump, comme souvent il n’y a pas un coupable, mais des responsables.
Une étude de la banque Natixis, rappelle que les pertes d’emplois industriels aux États-Unis sont imputables à 75 % aux gains de productivité (robots, nouvelles technologies, etc…), et seulement 25 % à la concurrence des pays émergents, comme le Mexique ou la Chine. Voilà de quoi écorner l’image certes parfois réelle, mais surtout bien entretenue, de l’usine et ses milliers d’employés délocalisés. Dans beaucoup d’installations, les armées d’ouvriers ont plus simplement été remplacés par des armées de robots, pour assurer une rentabilité indispensable aux yeux des actionnaires.
L’étude démontre que la valeur ajoutée de l’industrie américaine, c’est-à-dire la richesse créée, reste stable sur les dix dernières années. En revanche, le nombre d’employés de l’industrie a fortement baissé depuis le début des années 2000. L’économie américaine, n’a jamais autant produit, tout en employant 7,3 millions d’ouvriers de moins qu’en 1979. On peut en conclure qu’une grande partie des usines ne partent pas des États-Unis, mais qu’elles se mécanisent et emploient des robots. On dira pour effrayer personne qu’elles se modernisent.
Si on se base sur cette constatation, il paraît évident que les déclarations de grands groupes qui promettent de rester sur place, mais qui vont vouloir garder la promesse de gains pour leurs actionnaires ne se feront que sous certaines facilités. On peut parler de “baisses d’impôts et de changements réglementaires” pour profiter de conditions favorables. Cette pratique qui consiste à faire produire sur son sol, à n’importe quelle condition, pour afficher fièrement un PIB en hausse s’apparente plus à des pays en voie de développement.
L’exemple des États-Unis apparaît, car il est sous le feu de l’actualité, mais la Fédération internationale de la robotique, a fait savoir que l’utilisation des robots industriels à travers le monde augmente inexorablement.
Si “la mondialisation” est bien une des raisons importantes des dérèglements économiques, elle ne reste qu’un moyen utilisé parmi tant d’autres pour accroitre la course à la rentabilité, qui elle en est la cause profonde.

Crédit photo : tao punk

 

 

 

 

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