Allons-nous vers la fin du népotisme à la française ?

Allons-nous vers la fin du népotisme à la française ?

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La polémique entourant l’emploi de la femme de François Fillon devrait s’apparenter à une crispation et une forme de ras-le-bol. Cependant, il ne s’agit pas d’écarquiller les yeux comme si on venait de découvrir l’ampleur d’une pratique, que l’on retrouve dans plusieurs strates de la société, on peut parler de népotisme à la française.
Un tout petit effort de mémoire et on pourra aisément se souvenir par exemple, de la nomination du fils aîné Mitterrand Jean-Christophe, journaliste de formation, au poste de conseiller pour les affaires africaines à l’Elysée, en 1983. On peut évoquer Claude Chirac, fille de Jacques Chirac, qui a également joué un rôle-clef auprès de son père, notamment à l’Élysée. On peut évoquer dans certains cas, tout simplement le recours aux proches pour des raisons de confiance.
Plus récemment, on se souviendra de la polémique autour de la volonté de Nicolas Sarkozy en 2009, pour faire nommer son fils aîné Jean, alors simple étudiant en droit, à la tête de l’établissement public pour l’aménagement de la défense (EPAD), le centre d’affaires des Hauts-de-Seine.
Tous ces exemples sont récents, mais nous n’y trompons pas, l’habitude est ancienne et semble traverser les temps. Même si certains conjoints partagent réellement l’engagement et le travail, et si de nombreuses nominations sont parfaitement justifiées du point de vue des compétences, pour un historien comme Jean Garrigues, « il y a une pratique à l’Assemblée nationale et au Sénat qui consiste à gonfler artificiellement la rémunération du parlementaire en payant son épouse à ne rien faire, et ce, depuis le début de la IIIe République, à la fin du XIXe siècle ».
Bien sûr, ce n’est pas une spécificité française, car l’actualité montre qu’aux États-Unis, par exemple on assiste à la même chose. Cependant, en Europe du Nord, de culture protestante, on est quand même, beaucoup plus sourcilleux avec ces questions d’éthique.
Fictif ou pas, cet épisode, montre que les choses évoluent et ce sont, ses nombreuses pratiques qui au fur et à mesure, ont construit les raisons du divorce entre les Français et leurs élites politiques. Le sujet revient dans le débat comme le prouve la promesse de mettre fin aux emplois familiaux au parlement faite par les finalistes de la primaire de gauche, Manuel Valls et Benoît Hamon.
Le dernier mot pour Jean Garrigues, « il y a dans le monde politique français le sentiment que servir l’Etat, c’est aussi se servir un peu de l’Etat ».

Crédit photo : Francois Fillon

 

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