Philippines : de la lutte antidrogue aux possibles crimes contre l’humanité

Philippines : de la lutte antidrogue aux possibles crimes contre l’humanité

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Jusqu’à quand la fin peut-elle justifier les moyens ? C’est un peu la question que pose Amnesty, qui accuse la lutte antidrogue du président philippin, de mener les policiers à se tourner essentiellement contre les plus pauvres. L’ONG estime, que la Cour pénale internationale doit ouvrir une enquête.
C’est à travers un rapport qu’Amnesty International accuse les policiers philippins de perpétrer des actes criminels à grande échelle, et parallèlement des meurtres extrajudiciaires qui visent surtout des pauvres. “Sur ordre venant du sommet, des policiers et des tueurs inconnus ciblent toute personne soupçonnée de loin ou de près de vendre ou de consommer de la drogue”, a déclaré Rawya Rageh, conseillère pour l’organisation de défense des droits de l’Homme. “Notre enquête montre que cette vague de meurtres extrajudiciaires, a été généralisée, délibérée et systématique, ce qui correspond peut-être à des crimes contre l’humanité”.
Cette « répression » n’a plus le cadre d’une action construite, ciblée pour une recherche d’efficacité. Elle prend de plus en plus, des allures de vaste répression aveugle, qui évolue au gré des décisions prises sans contrôle très précis. Amnesty a réussi à collecter une trop longue liste de crimes qu’auraient commis des policiers, qui n’hésitent pas à abattre des personnes sans défense, ou de monter des preuves de toutes pièces pour éliminer parfois des personnes gênantes. L’habitude est prise aussi de payer des tueurs pour abattre des toxicomanes ou de voler les victimes.
Dans cette “anarchie”, la police ressemble de plus en plus à un “gang” qui utilise tous les moyens, non pas pour faire régner la loi, mais “sa loi” au mépris de toute morale. A ce jeu-là, ce sont bien sûr, les plus pauvres qui sont les cibles les plus faciles et il n’est pas sûr que ceux qui profitent le plus, soit réellement inquiétés. L’ONG ajoute, que les policiers sont payés pour tuer par leur hiérarchie. Parmi tous les excès, on a identifié des victimes très jeunes, certaines âgées de huit ans.
Rodrigo Duterte, le leader populiste a remporté la présidentielle de 2016 sur la promesse d’éradiquer le trafic de drogue dans l’archipel en faisant abattre des dizaines de milliers de personnes. Cette mesure censée combattre à la base les gros narcotrafiquants, vire de plus en plus à une répression et des règlements de comptes, et de ce fait, elle s’éloigne de sa mission initiale. Depuis sa prise de fonction fin juin, la police a annoncé avoir abattu 2 551 personnes tandis que près de 4 000 autres sont mortes dans des circonstances inexpliquées, selon les chiffres officiels.
Crédit photo : Casino Connection

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