Des soucis de rentabilité pour le service de partage de voitures électriques Autolib’

Des soucis de rentabilité pour le service de partage de voitures électriques Autolib’

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Des doutes se profilent concernant une possible rentabilité du service Autolib’ en Île-de-France, le système d’autopartage mis en place par le groupe Bolloré. Celui-ci a revu ses prévisions, et table maintenant sur un déficit de près de 180 millions d’euros, alors qu’il promettait au départ l’équilibre d’ici la fin de son contrat, c’est-à-dire en 2023.

Voilà de quoi interpeller Autolib’ Métropole, le syndicat qui regroupe les villes utilisatrices comme Lyon, Bordeaux ou encore Indianapolis, aux États-Unis, et qui va engager un audit des comptes du système d’autopartage. Il faut préciser que le système repose sur une délégation de service public, donc sur un déficit prévu d’exactement 179 millions, dont 119 millions, seraient à la charge des communes accueillant ce service, ce qui revient à dire, à la charge des contribuables.

Apparemment, tout va bien, le succès public du service est bien là avec 130 000 abonnés et près de 90 % de taux de réabonnement. Paradoxalement, cela renforce l’inquiétude, car justement ce succès, n’empêche pas le déficit du système.

D’ailleurs, Gilles Alix, directeur général de Blue Solutions, la filiale véhicules électriques de l’entreprise Bolloré, le reconnaît. Il explique ce dépassement par trois facteurs, tout d’abord le fait qu’il a fallu créer de nouvelles applications pour promouvoir l’Autolib’. Ensuite, Autolib se heurte à des écueils classiques d’un service public. D’une part, il faut maintenir des stations, même si elles ne sont pas rentables, “et il se trouve que 200 stations sur les 1 100, sont très structurellement déficitaires”, et d’autre part, il faut faire face aux vandalismes et aux dégradations, dont le coût a peut-être été sous-estimé.

Parmi les solutions mises en avant, on notera surtout de revoir la disposition des stations Autolib’, qui ne sont pas toujours situées aux endroits les plus stratégiques. Cependant, cela n’empêche pas quelques élus de communes adhérentes à Autolib’ Métropole, comme  François de Mazières, le maire Les Républicains de Versailles de déclarer, “j’ai pris la décision de suspendre temporairement la création de nouvelles stations. On maintient celles qui existent, et on attend de voir plus clair dans les comptes d’Autolib’ pour savoir si on continue ou pas le plan de développement qui avait été initialement envisagé. Certains mettent même en doute la rentabilité du principe”.

On l’a bien compris, on se veut rassurant du côté du groupe Bolloré, en affirmant que “nous nous approchons de plus en plus de l’équilibre et nous pensons que dans les années futures, c’est-à-dire 2017-2023, soit jusqu’à la fin de la concession, nous arriverons à équilibrer les comptes d’Autolib’. Du côté des élus, on s’inquiète de devoir présenter une future facture aux administrés.

Crédit photo : Mathieu FRANCOIS DU BERTRAND

 

 

 

 

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