En France, les prostitués vont maintenant pouvoir bénéficier d’une mutuelle

En France, les prostitués vont maintenant pouvoir bénéficier d’une mutuelle

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Le syndicat du travail sexuel (STRASS) a réussi à trouver un partenaire pour une mutuelle santé et prévoyance, afin d’assurer les travailleurs (ses) du sexe en France. Comme on peut l’imaginer, ce ne fut pas une chose simple, et le STRASS a essuyé de nombreux refus et plusieurs absences de réponse. Finalement, c’est la Mutuelle de prévoyance interprofessionnelle (MPI), qui a va prendre en compte les soins non remboursés, ainsi que les incapacités de travail et invalidités.
La nécessité de cette protection complémentaire, devenait de plus en plus forte, car il y a de plus en plus de violence quotidienne envers les travailleuses du sexe. Il devenait donc urgent de pouvoir faire face à des dépenses de soins, et pouvoir compter sur un minimum de revenus en cas d’incapacité de travail. “Quand on a un pépin de santé important, le principal est d’être concentré sur sa guérison. Mais quand vous ne savez pas ce que vous allez manger le lendemain, c’est intolérable”, explique Axelle, une porte-parole du Strass.
Cependant, au-delà, de l’aspect pratique, il s’agit aussi d’une reconnaissance, et donc comme le fait aussi remarquer Axelle, “c’est un geste politique. Ça nous ancre dans la société”. Jusqu’ici, les prostituées ne pouvaient pas se déclarer en tant que travailleuses indépendantes, et elles ne pouvaient donc pas bénéficier des mêmes avantages que les salariés. Le Strass, a donc réussi à réunir et rassembler les “travailleuses du sexe” pour négocier et comme il est précisé dans son communiqué “mutualiser les efforts, afin de réduire les coûts de notre protection sociale et d’augmenter la couverture de nos soins”.
Cela va éviter, les pratiques qui consistent pour certaines prostituées à se faire passer pour des “masseuses” afin de bénéficier d’une couverture sociale, raconte Axelle. “Mais dans les contrats de prévoyance ou de mutuelle, il est inscrit, que si vous faites une fausse déclaration, les prestations sont annulées”, poursuit-elle.
Du côté de la MPI, sa représentante Emilie Thirion explique, “on n’a pas fait ça par devoir politique. Ce sont des adhérents comme les autres, qui ont les mêmes droits, mais aussi les mêmes devoirs. Nous qui prônons des valeurs de lutte contre l’exclusion et de rejet des discriminations, sommes ravis”.

Crédit photo : Philippe Leroyer

 

 

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