Tchéquie : le Parlement vote contre le Parti populiste d’Andrej Babis

Tchéquie : le Parlement vote contre le Parti populiste d’Andrej Babis

0

Encore une fois, l’adage qui veut que les difficultés, quand on a gagné des élections, commencent le jour d’après se confirme. Andrej Babis, le richissime homme d’affaires de 63 ans, que l’on compare souvent à Trump, a été nommé Premier ministre début décembre, après la victoire de son Parti, l’ANO pour “Akce nespokojenych obcanu” qui veut dire “action des citoyens mécontents ” et « oui » en tchèque. Cependant, il n’a pas réussi à former une coalition lui permettant d’avoir une majorité au Parlement. Ce n’est qu’un premier échec, et le Premier ministre et son Parti ont le droit de solliciter trois fois la confiance des députés.

Le Parlement tchèque a refusé, mardi 16 janvier, de voter la confiance au gouvernement minoritaire dirigé par Andrej Babis. Sur 200 députés, 117 ont voté contre lui, et 5 se sont abstenus. C’est un revers pour cet ancien membre du Parti communiste slovaque, qui a bien réussi sa reconversion en devenant le dirigeant de l’entreprise Agrofert, et le deuxième homme le plus riche de la République Tchèque.

Pourtant, en octobre dernier, l’ANO avait remporté les législatives après une campagne axée sur la lutte contre la corruption, contre l’accueil de migrants et contre la zone euro. Or, depuis les choses ont évolué et celui qui a mis en avant la lutte contre la corruption se retrouve au centre de nombreuses accusations de fraude aux subventions. En effet, actuellement, la police enquête sur le versement d’une subvention européenne de deux millions d’euros il y a une dizaine d’années.

Il faut donc revoir les choses pour Andrej Babis et l’ANO, afin de trouver des accords avec une ou plusieurs autres formations, qui pourraient soutenir son prochain gouvernement. Il a encore la possibilité de solliciter deux fois la confiance des députés en étant soutenu d’abord par le président Milos Zeman, qui a promis à Andrej Babis qu’il lui donnerait une autre chance de former un gouvernement, puis par le chef de la chambre basse, poste occupé actuellement par M. Vondracek, membre d’ANO.

La solution se situerait actuellement pour les éventuels alliés de L’ANO dans la formation d’un gouvernement, certes mené par l’ANO, mais pas avec Babis à sa tête. Inutile de dire que l’intéressé a catégoriquement rejeté jusqu’à présent cette option.

Un blocage total, après trois tentatives de formation de gouvernement de la part d’Andrej Babis, déboucherait tout simplement sur de nouvelles élections.

Crédit photo : Oberbank AG

 

 

PAS ENCORE DE COMMENTAIRE.

Commentez