Le scandale sexuel d’Oxfam, les ONG renforcent leur surveillance

Le scandale sexuel d’Oxfam, les ONG renforcent leur surveillance

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Le scandale sexuel d’Oxfam, ne semble pas hélas un cas isolé, et plusieurs ONG ont indiqué avoir été, elles aussi confrontées à des dérives. A bien réfléchir, on se doute bien qu’il est impossible que certains abus n’arrivent pas. Cependant, loin de remettre en question le travail indispensable de ces ONG, il convient de ne pas fermer les yeux et de mettre en place les outils nécessaires pour limiter ces abus.

Les premières révélations entraînent une forme classique de “libéralisation de la parole”, qui aboutit de manière classique à une multiplication de témoignages, et d’accusations dans lesquels il faudra faire un tri difficile et sans complaisance. Des termes très durs ont été employés, et de son côté, Médecins sans frontières par exemple, a admis avoir elle aussi été confrontée à 24 cas de harcèlement ou d’abus sexuels en 2017 au sein de son organisation. Parmi les personnes, qui ont révélé ces abus, plusieurs victimes ont évoqué une “culture d’abus sexuels”. Pour Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières (MSF), ces termes sont excessifs, mais les risques de dérives existent bien.

Il convient en effet de faire la part des choses, car les ONG sont composées d’êtres humains, avec leurs défauts et leurs failles. Les humanitaires, se retrouvent souvent dans des rapports de pouvoir, de moyens de pression sur les populations auxquelles elles viennent en aide. Pour certains, la tentation d’en abuser est trop forte. Si l’on rajoute, qu’à la base le fait d’être à l’étranger loin des regards, on peut se sentir plus libre de faire resurgir nos pulsions inavouables. Il faut ajouter à cela, la faiblesse de l’État, et l’absence de justice dans certains pays. L’absence de meilleurs moyens pour les victimes de recourir à la justice ne fait qu’amplifier le problème.

Des mesures sont donc à prendre pour éviter, que ces scandales nuisent trop à l’image de marque des ONG, et empêchent leurs actions. D’ailleurs, c’est déjà le cas et « Save The Children », a été la première à mettre sur la place publique les comportements violents au sein du monde de l’aide humanitaire.

Au sein de MSF, une “cellule abus”, dont la fonction est d’être un recours interne pour les personnes qui estiment être victimes d’abus, a été mise en place. Elle a bien fonctionné, mais MSF estime encore qu’il y a un sous-signalement des cas d’abus.

C’est certainement en amont, que le travail doit être fait, car les entretiens portent essentiellement sur les compétences, les disponibilités, la qualité des diplômes, des formations et des expériences précédentes des personnes et moins sur les motivations. Sans aller jusqu’à un entretien psychologique, un minimum de vérifications à la base dans ce domaine, va s’avérer indispensable avec la multiplication de ces types d’engagements. Il pourrait être complété par un suivi minimum du parcours et de l’engagement des personnes, car les enquêtes révèlent la présence de prédateurs, qui œuvrent en toute impunité depuis des années dans ces structures. Cela réclame sûrement plus de contrôle interne, et de sévérité dans les fonctionnements. De même, les prérogatives d’une “cellule abus” pourraient largement être mise en place, ou être étendue, car il est important qu’il y ait un espace de discussions au sein des équipes de terrain, pour que les gens qui s’estiment victimes d’abus puissent en parler librement

Crédit photo : Mike Gifford

 

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