L’Internet Research Agency : un bon exemple d’usine a troll

L’Internet Research Agency : un bon exemple d’usine a troll

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Le procès mené par la justice américaine, fait découvrir comment fonctionne l’Internet Research Agency. L’agence russe, et son président, Evguéni Prigojine, un proche du président Vladimir Poutine, sont inculpés dans le cadre de sa grande enquête sur une possible ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016. A l’occasion, le témoignage des ex-employés de cette société est particulièrement révélateur sur le fonctionnement d’une usine à troll, russe cette fois, mais qui doit aussi se retrouver dans d’autres pays.

Ce sont le New York Times et le Washington Post, qui ont rassemblé différents témoignages sur les méthodes qu’utilise l’agence pour influencer les opinions publiques. Celui de Marat Mindiyarov est clair, « on devait affirmer que le blanc est noir et que le noir est blanc ». Plus concrètement, son travail consistait à commenter des posts de blogs, et des articles de médias russes pour créer l’illusion d’un soutien au pouvoir russe. Chaque article posté, est pris en charge par trois trolls, et le scénario est toujours le même. Deux trolls favorables au gouvernement russe, finissent par convaincre avec leurs arguments, et en postant des liens, un troisième troll, pourtant critique au départ envers ce même gouvernement. Il explique que le salaire est intéressant pour un Russe, près de 550 euros par mois quand le salaire minimum en Russie se situe aux alentours de 140 euros.

A ce jeu, le “nec plus ultra” est de travailler dans le service de l’actualité américaine. Aleksei faisait partie des 25 premiers employés de l’Agence. Il raconte, “il y avait deux départements dédiés à l’écriture d’articles destinés aux Américains et aux tweets en anglais, il fallait juste dire que la vie était belle en Russie sous Poutine et mauvaise aux États-Unis sous Obama“.

Durant douze heures par jour, chaque personne traite des sujets, qui arrivent directement dans les boîtes mail, Vladimir Poutine, Barack Obama, l’Ukraine, l’héroïsme du ministre de la Défense russe, Serguei Lavrov, la guerre en Syrie…et bien d’autres.

On estime, que l’agence pouvait toucher plus de 30 millions d’Américains à travers Facebook, Instagram et Twitter.

Bien sûr, le pouvoir russe déclare par l’intermédiaire de son chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov, “la Russie ne s’est pas mêlée et n’a pas pour habitude de se mêler des affaires des autres pays. Et elle ne le fait pas actuellement”.

Maintenant, certains vont nous dire que tout cela est pur mensonge, et d’autres vont nous faire croire que cela ne se passe qu’en Russie.

Crédit photo : Stephen Fouts

 

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