Pep Guardolia, les symboles clivants et la fédération anglaise

Pep Guardolia, les symboles clivants et la fédération anglaise

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Jusqu’où peut-on afficher son soutien à une cause en public, à quelle occasion et surtout pour quelle cause peut-on le faire ? C’est un peu la limite à laquelle Pep Guardiola, l’entraîneur de Manchester City est confronté. De l’autre côté de la Manche, le directeur exécutif de la fédération anglaise se frotte à la délicate tâche de faire respecter le principe, que les symboles politiques sont interdits dans le football. Le symbole de la polémique, est cette fois le ruban jaune qu’arbore fièrement Pep Guardiola en guise de soutien aux indépendantistes catalans.

L’ex-entraîneur du Barca a pourtant été averti, il est même sous la menace d’une amende de la part de la fédération anglaise (FA). Cependant rien n’y fais, Pep Guardiola continu, comme il le fait régulièrement depuis plusieurs semaines, de porter pendant les matches un ruban jaune en soutien aux indépendantistes catalans emprisonnés en Espagne. Cela doit cesser pour Glenn Murray, le directeur exécutif de la FA, qui a rappelé, “vous ne pouvez pas, et nous ne voulons pas, avoir des symboles politiques sur des équipements de football. Ça a toujours été le cas“.

Il est vrai, que du moment que l’équipe de Manchester City, joue des matchs internationaux, et surtout que les matchs de l’équipe sont diffusés dans le monde entier, et notamment dans des pays hispaniques, le symbole arboré par Pep Guardiola, peut vexer certains chatouilleux d’une grande Espagne unifiée.

Cependant, au-delà de ça, c’est l’éternelle question de savoir jusqu’où on tolère les symboles ? A ce sujet, le dirigeant de la FA ne fait pas dans la dentelle pour expliquer sa position, “ça pourrait être un symbole religieux fort, l’étoile de David, le marteau et l’enclume, la croix gammée, ou quelque chose comme le visage de Robert Mugabe sur un T-Shirt, ce sont des choses dont ne voulons pas. Il rajoute, « et pour être honnête et très clair, le ruban jaune de Guardiola est une position politique, c’est un symbole des séparatistes catalans, et je peux vous dire que bon nombre d’Espagnols, de non-Catalans, sont agacés par ce ruban ». Pour finir, il insiste “où est-ce qu’on fixe la limite ? Est-ce qu’on autorise les badges de l’Ukip, les badges de l’Etat Islamique ? C’est pour cela qu’il faut être très dur avec ces partis nationaux ou régionaux, qui ne peuvent pas être représentés sur les maillots de football ».

De manière plus pragmatique, la FA rappelle pour justifier un peu plus sa position, que la Fifa en 2011, avait interdit à l’équipe d’Angleterre de porter un coquelicot jugé un moment comme symbole politique sur son maillot, avant de se rétracter, car dans les pays britanniques, le coquelicot est le symbole d’une campagne d’appel aux dons pour les familles des soldats morts ou blessés au combat. L’épisode avait permis de clarifier et de réécrire la loi 4 du jeu, afin de limiter l’interdiction aux symboles hautement clivants.

L’indépendance de la Catalogne, est un sujet politique particulièrement clivant et Pep Guardiola a précisé qu’il l’enlèverait…si les performances de son équipe baissent. Ce n’est pas vraiment le cas, et vu les résultats, il est fort à parier qu’il aura le soutien des supporters de Manchester City et de certains amateurs de football. A ce rythme-là, c’est Pep Guardiola, qui va devenir un sujet clivant.

Crédit photo : truong-binh

 

 

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