Pour en savoir un peu plus sur la “fiche S”

Pour en savoir un peu plus sur la “fiche S”

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Le terme “fichés S” revient inexorablement dans le débat. Il est utilisé, comme souvent un peu à tort et à travers, suivant les émotions et parfois les mauvaises intentions du moment. Il est donc important de faire un point clair de ce que représente la fiche S, qui veut dire “sûreté de l’État”. Elle ne doit pas être confondue avec le fichier de la prévention de la radicalisation à caractère terroriste FSPRT, et inversement. Comme l’a indiqué le gouvernement, la fiche “S” est un outil de police servant notamment à repérer un individu, pas forcément lié à l’islam radical pour le surveiller, et ne correspond à aucune décision juridique.

Plus spécifique, le FSPRT est un fichier créé en 2015, qui, par contre, vise à comptabiliser tous les islamistes radicaux présents en France, et susceptibles de constituer une menace. Il va au-delà du fichage S, et concerne maintenant environ 20 000 personnes recensées comme radicalisées par le ministère de l’Intérieur. Ce fichier, n’est évidemment pas monolithique et comporte différentes sous-catégories, car comme l’indique un policier, “toute l’échelle de la radicalisation y est représentée“. On peut donc y retrouver, un homme qui par exemple ne veut plus serrer la main des femmes dans l’entreprise, une mineure récemment convertie à l’islam radical, ou un homme en lien avec le groupe État islamique (EI) se disant prêt à passer à l’acte. Bien sûr, y sont aussi présents, ceux qui sont partis ou soupçonnés d’être en zone irako-syrienne.

A l’intérieur de ce fichier, actuellement 4 604 d’entre eux, ont leurs fiches “clôturées”, car les services estiment qu’ils ne nécessitent plus de surveillance, mais demeurent dans le FSPRT du fait des signes de radicalisation constatés. Enfin, ils sont 3 557 à être dits “en veille”, c’est-à-dire sans suivi actif. Comme on peut l’imaginer, la liste des suspects est établie par ordre décroissant de dangerosité supposée. Les premiers sont placés sous étroite surveillance, interpellés au moindre soupçon de préparation de passage à l’acte.

L’analyse de ce fichier, démontre que si une majorité concerne des jeunes hommes issus des banlieues, on retrouve toutes les catégories socio-professionnelles, et que, quatre régions concentrent les profils. Ces régions sont Ile-de-France, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Auvergne Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Il reste, comme le rappelle Jean-Charles Brisard, président du Centre d’Analyse du terrorisme (CAT) “60 % des individus qui ont frappé en France depuis 2014 étaient inconnus des services de police, et n’étaient pas fichés“.

Crédit photo : MAMODALY MOISE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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