Raul Castro, le cadet qui est toujours resté “Fidel” à son ainé

Raul Castro, le cadet qui est toujours resté “Fidel” à son ainé

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Si l’on vous dit Castro, vous penserez certainement Fidel. Pourtant, depuis 12 ans, c’est le cadet de la famille qui préside aux destinées de Cuba. Il va bientôt céder à son tour, les rênes du pouvoir. Si Raul n’a pas le charisme et l’aura de son grand-frère, le temps et un éclairage nouveau et plus équilibré sur les évènements, lui donneront peut-être un peu plus de place dans l’histoire de l’île caribéenne.

Chez les Castro, il semble que les choses aient clairement été bien séparées entre les deux frères. Fidel était exubérant, bouillonnant, capable de fasciner les gens, de se mettre en avant, et aimant toujours séduire, c’était un meneur d’hommes et un coureur de jupons. Son cadet est réservé, patient, il aime rester en coulisses pour organiser les choses. Il cultive de son côté les joies et les vertus de la famille, avec sa femme et ses 4 enfants. Pas étonnant, qu’il soit longtemps resté dans l’ombre de son frère Fidel avant de prendre les rênes de l’île caribéenne voici 12 ans. Cependant, loin d’être une rivalité, cette complémentarité est certainement pour beaucoup d’historiens un élément qui a permis de résister pendant plus d’un demi-siècle à l’adversité de la super-puissance américaine, mais aussi au lâchage d’un “grand frère soviétique” agonisant à la fin des années 1980.

Raul fut longtemps, l’homme de la mise en pratique des visions de son frère. Un indéfectible organisateur, qui a participé, et même initié de multiples grandes décisions de Cuba. En tant que ministre de la Défense depuis l’automne 1959, il fut en première ligne lors du rapprochement de l’île et de l’Union soviétique en pleine guerre froide. C’est toujours à la tête de l’armée cubaine, qu’il mènera avec certain succès au cœur de l’Afrique, en Éthiopie, et en Angola dans les années 1970 et 1980.

Il a ensuite pris officiellement la présidence du Conseil d’État, et du Conseil des ministres en février 2008. Son nom l’a alors bien servi pour initier des réformes, que lui seul pouvait mener. Le cadet des Castro a engagé Cuba dans une transition historique. Raul a mené des réformes, qui apparaissait improbables à Cuba. Une ouverture, par exemple à l’économie de marché en autorisant les Cubains à vendre leurs voitures et leurs logements, et en les encourageant à quitter le secteur public pour devenir travailleurs indépendants.

Il a été l’artisan d’un rapprochement longtemps considéré comme impossible avec les États-Unis, en adoptant une diplomatie plus pragmatique. Aujourd’hui à 86 ans, Raul Castro a suspendu les réformes, pour laisser progressivement la main à la nouvelle génération. Il va tout de même se maintenir à la tête du Parti communiste de Cuba (PCC) jusqu’en 2021, l’année de ses 90 ans.

Son numéro deux Miguel Diaz-Canel, un civil de 57 ans qui n’a pas connu la révolution de 1959, est favori pour lui succéder. Chez les Castro, un fils de Raul, Alejandro Castro Espin, colonel spécialiste des relations internationales de 52 ans, qui a participé activement aux négociations secrètes qui ont conduit au dégel avec les Etats-Unis, pourrait tenir un rôle important dans la transition à venir.

Crédit photo : Esteban Salazar Herrera

 

 

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