L’Ecosse impose un prix minimum pour l’alcool

L’Ecosse impose un prix minimum pour l’alcool

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En matière de lutte contre l’alcoolisme, les pays adoptent des techniques et des approches parfois bien différentes. Certaines apparaissent même surprenantes. Cependant, le plus simple semble tourner autour de la taxation, donc de l’élévation du prix pour rendre les boissons trop chères pour de la consommation courante. C’est dans cet esprit, qu’après des années de bataille juridique, l’Écosse a introduit mardi un prix minimum pour l’alcool.
Ce n’est pas complètement une première, car le Bélarus ou l’Ukraine ont déjà pris des mesures similaires, mais il faut avouer que l’évocation de l’Ecosse, qui fait largement référence au whisky, et à une tradition bien ancrée de soirées arrosées résonnent un peu plus fort. Désormais, une bouteille de 70 cl de whisky, ne pourra pas être vendue en dessous de 15,60 euros, et une bouteille de 75 cl de vin à 12,5 %, pas moins de 5,20 euros. Le prix est calculé sur la base de 50 pence par unité d’alcool. Une mesure qui prend en compte à la fois la teneur en alcool et le volume du produit.
Si on en est arrivé là, c’est que la situation n’allait pas en s’améliorant, et en 2016, 1 265 décès étaient liés à l’alcool en Écosse où vivent 5,3 millions de personnes, une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente. Cette mesure n’est pas vraiment une bonne nouvelle pour les propriétaires des pubs, cependant, ils ont eu le temps de s’y préparer.
La mise en place de cette mesure a longtemps été retardée par des appels formés par l’Association du Whisky écossais (Scotch Whisky Association SWA) et d’autres représentants de cette industrie pour l’annuler. La bataille juridique était allée jusqu’à la Cour européenne de justice en 2015. De plus, la mesure pourrait partiellement les arranger, car cela ne permettrait plus aux supermarchés et les commerces indépendants de faire de gros rabais attractifs sur les spiritueux et les gros packs de bière, qui eux aussi aggravent les problèmes avec l’alcool. Les déclarations favorables de personnalités fusent comme celle de la première ministre écossaise Nicola Sturgeon, “je pense que des pays en Europe et ailleurs chercheront à reproduire ce qui a été fait ici en Écosse“. “Cette loi sauvera des vies“, a déclaré Alison Douglas, directrice générale de l’organisation caritative Alcohol Focus Scotland.
D’autres voix plus anonymes, mais empreintes de bon sens, comme celle d’Audrey Duncan, une ex-alcoolique de 37 ans, explique à l’AFP, “je ne pense pas que le prix minimum m’aurait découragé, mais j’aurais certainement été à court d’argent plus rapidement“. On peut noter aussi, qu’un prix minimum ne pénalise pas vraiment les alcools haut de gamme et notamment les whiskys consommés par les plus fortunés, et pour lesquels l’industrie écossaise est si renommée.
Crédit photo : rmtx 

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