Les films présentés à Cannes sans la présence de leurs réalisateurs

Les films présentés à Cannes sans la présence de leurs réalisateurs

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Le festival de Cannes, est une étape importante pour le réalisateur, qui a la chance et le talent suffisant pour que son film soit retenu dans la sélection. Cependant, pour certains, il faut aussi avoir une bonne dose de courage. En effet, ils sont victimes de censures, de représailles, et ne peuvent tout simplement pas sortir de leur pays pour participer au festival, ou bien y retourner après.

Dans cette liste de ces cinéastes pas vraiment très appréciés dans leur pays, ou du moins pas par les autorités, on retrouve pour l’année 2018, l’Iranien Jafar Panahi, auteur de Three Faces. Il est accusé de propagande contre le système, et normalement frappé d’une interdiction de filmer et de quitter le territoire jusqu’en 2030. Kirill Serebrennikov, ne pourra pas lui aussi assister à la projection de son film “Leto”. L’enfant terrible du théâtre russe, est de son côté assigné à résidence pour une sombre histoire de détournement de subventions publiques. Ce prétexte masque surtout une attitude, et des créations abordant des thèmes comme la politique, la religion ou la sexualité, qui ont été régulièrement critiquées par les militants orthodoxes ou les autorités conservatrices.

Cette situation est loin d’être nouvelle, et il faut se rappeler comment Gilles Jacob en 1978, alors délégué général du Festival va en Pologne pour visionner “L’homme de marbre” du réalisateur Andrzej Wajda. Le film raconte l’histoire d’une jeune réalisatrice qui enquête sur un maçon devenu héros national dans les années 50 puis tombé dans l’oubli. Surprise, Gilles Jacob n’est finalement pas autorisé à le visionner. Une copie arrivera, bien plus tard en catimini. Il contacte Andrzej par l’intermédiaire de sa femme Krystina qui est francophone, et ils décident de présenter le film à Cannes sans la présence de Wajda”.

En 1982, le kurde tourne, en partie en prison, le magnifique Yol, la permission. Güney parvient à s’évader de sa prison turque pour se réfugier en France, où il termine le montage de son film, il remporte la Palme d’or, mais ne rentrera jamais en Turquie.

Plus proche de nous, le cinéaste chinois Lou Ye, se passe de l’approbation de son pays pour présente Summer Place, un film qui traite des événements de la place Tiananmen, occupée par les étudiants au printemps 1989, et de la répression sanglante qui s’est mise en place. Intolérable pour la Chine, il est immédiatement interdit de film pendant cinq ans.

La liste n’est pas exhaustive, car bon nombre de réalisateurs ont payé cher leur engagement et la défense de leur oeuvre. Il est bon de rappeler à tout le monde, que la difficulté pour certains réalisateurs n’est pas simplement de rassembler des fonds, d’avoir une star à son générique, et de subir ses exigences ou d’affronter l’avis acerbe des critiques et des réseaux sociaux. Il est long et pas vraiment tranquille le chemin avant de se retrouver dans un palace ou hôtel en face de la Croisette ou sur un tapis rouge.

Crédit photo : Duhok International

 

 

 

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