La mondialisation freine, dérape, mais ne s’arrête pas

La mondialisation freine, dérape, mais ne s’arrête pas

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La mondialisation semble être devenue, la cause de tous les maux. Il est évident, que la multiplication des mesures protectionnistes et des tensions commerciales à l’échelle de la planète, suscitent beaucoup d’interrogations sur le plan économique. Cependant, si de nombreux Etats et dirigeants s’en servent comme d’un effet repoussoir facile pour durcir leur politique, gonfler le torse et justifier du banal populisme, les analystes et surtout les entreprises s’interrogent sur l’avenir de la mondialisation.
Tout d’abord, il faut raison garder, certes le commerce a ralenti, le rythme des interactions financières a baissé et la méfiance est de mise. Soyons clair, il était tout de même difficilement pensable, que la croissance très rapide des flux financiers internationaux, du commerce international, de l’investissement direct international d’une telle ampleur n’allaient pas ralentir et poser des questionnements légitimes. Cependant, il ne saurait pas être question de retour en arrière.
Il serait plus judicieux de voir dans la tournure que prennent les événements, un changement profond dans la perception de la mondialisation. Elle a été largement perçue comme prioritairement une source de développement, qui entraînerait tout sur son passage. A l’heure actuelle, tout cela a fait place à du scepticisme, et beaucoup de méfiance par rapport à des bouleversements difficilement contrôlables dus à la mondialisation.
Les différents indicateurs, donnent donc un franc ralentissement, mais le commerce continue de progresser peu ou prou au même rythme que la richesse au niveau mondial. L’investissement direct à l’étranger augmente moins vite que précédemment, mais son stock croît toujours en proportion du PIB mondial.
Des résistances très fortes à une démondialisation brutale, se mettent en place et agissent afin de limiter l’action de certains Etats, comme les États-Unis, qui sont capables de désorganiser les relations internationales. Elles sont moins médiatiques, mais tout aussi puissantes que les redondades de certains dirigeants. Les interactions et interdépendance internationale, même si elles faiblissent, restent relativement élevées, donc des intérêts économiques, trop importants et le progrès technique ne vont pas revenir en arrière. Le développement des technologies de l’information et de la communication, a de plus augmenté les possibilités de coordination et la diffusion de l’information. La question demeure donc, comment arrêter la mondialisation sans clouer les avions au sol et fermer les réseaux internet ?
La mondialisation, a donc certainement besoin d’un meilleur balisage. Il faut prendre en compte maintenant, un monde multipolaire. La domination des États-Unis est clairement contestée notamment par la Chine par exemple. Cette multipolarité, va énormément compliquer la gestion des relations économiques internationales dans les années à venir.
L’économie a tout de même besoin d’un minimum de stabilité et de vision clair. Dans ce contexte, l’Europe qui est une construction basée sur des règles qui forment un cadre pour les États membres, doit se montrer le garant d’un ordre multilatéral fondé sur des règles. Il pourrait ainsi attirer de multiples partenaires, que l’agressivité et les variations des Etats-Unis pourraient surprendre et inquiéter.
Crédit photo : EyeonEarth

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