Non, une victoire en Coupe du monde n’aide pas durablement un président

Non, une victoire en Coupe du monde n’aide pas durablement un président

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Pour de nombreux Français, la victoire de l’Equipe de France, est évidemment une bonne nouvelle sportive, mais aussi politique pour le pouvoir en place. L’idée, que les résultats sportifs influent durablement sur la vision politique des citoyens, est très répandue. Néanmoins, aussi évidente qu’elle puisse paraître, dans les faits aucune analyse, ni étude ne le confirme. Cela ressemble furieusement à une idée préconçue.

Certainement, qu’Emmanuel Macron comme n’importe quel autre Français est heureux de la victoire de l’Equipe de France. Il est évident, que c’est une bonne nouvelle pour le sport français et le rayonnement du pays. Cependant, à titre personnel et concernant sa fonction, il doit savoir qu’il ne faut pas compter sur cette réussite pour influer la courbe des sondages des présidents.

Cette idée reçue prend sa source dans la période, qui a entouré la première Coupe du monde gagnée par la France en 1998. Le président de la République avait pris 18 points supplémentaires de popularité entre les mois de mai et d’août. Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop explique, “d’abord, la Coupe du monde avait lieu en France. Et puis surtout, nous étions en période de cohabitation. Le président n’était donc jugé que sur les questions purement régaliennes, tandis que le Premier ministre, lui, était plus comptable de la politique menée“. Un rapide coup d’œil sur la cote de popularité de Lionel Jospin, le Premier ministre de l’époque, montre que lui, n’avait pas bénéficié d’un état de grâce qui l’aurait peut-être bien aidé.

Le rapport entre football et politique apparaît encore moins évident, lorsque l’on continue le parallèle entre les deux. A l’époque, l’équipe de France a continué sa marche triomphante durant encore deux ans, en gagnant l’Euro de football, alors que Jacques Chirac, lui, descendait dans les sondages, selon les chiffres de l’Ifop.

Si l’on revient plus loin en arrière en 1984, l’Équipe de France s’impose à l’Euro. La cote de popularité de François Mitterrand elle, ne varie quasiment pas.

Quand on dit que les effets des exploits sportifs ne sont pas si puissants que cela, il faut le prendre dans tous les cas de figure. Ainsi, a contrario, la défaite n’a pas plus d’impacts significatifs. En 2006, la défaite en finale de la Coupe du Monde face à l’Italie n’empêche pas Jacques Chirac, qui ne se représente pas l’année suivante, de grimper dans les enquêtes d’opinion. Nicolas Sarkozy, de son côté n’a pas été impacté par le fiasco, pourtant retentissant et désastreux en terme d’image de Knysna en 2010.

Frédéric Dabi conclut donc, “certes, la victoire a un effet sur le moral et il peut y avoir une petite parenthèse enchantée. Par définition, une parenthèse ne dure pas“.

Crédit photo : debats.terrafemina

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