Sphyrna, le drone maritime

Sphyrna, le drone maritime

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Les baleines, ces grands mammifères, qui ont toujours su préserver leurs secrets, vont bientôt faire des confidences à Sphyrna le drone marin. Ce dernier, a été créé par la société Sea Proven, située à Laval en Mayenne. Fabien de Varenne a fondé avec son associé Jean-Pierre Garnier, la start-up, afin de construire des engins maritimes robotisés. Sphyrna, est le troisième de sa génération à voir le jour.

La société, s’est inspirée d’une pirogue polynésienne pour construire Sphyrna, et comme une pirogue, il est conçu pour rester en surface. Il mesure près de 17 m, pour environ 4 m de large, il est démontable, et il peut être transporté en conteneur. D’après Fabien de Varenne, il est « capable de traverser des océans en totale autonomie, alimenté par ses panneaux solaires et une petite éolienne ».

La société Sea Proven, a lancé un appel à projet auprès de la communauté scientifique, et les grands gagnants sont, Hervé Glotin professeur au laboratoire CNRS LIS de l’Université de Toulon, spécialisé dans les détections acoustiques, ainsi que l’association de protection de l’océan « Longitude 181 ». Pour le drone, il s’agit là d’une première mission, qui a debuté le 15 juillet, et va continuer jusqu’au 31 août au large de Toulon dans une partie de Pelagos, le sanctuaire des mammifères marins en Méditerranée.

Evidemment, dans ce cas précis, dès que l’on parle d’acoustique, on pense bien sûr aux chants des baleines. D’après Hervé Glotin, « Il faut bien comprendre qu’on ne connaît pas grand-chose de la vie des cachalots et des baleines à bec, raconte-t-il. Ce sont, des grands plongeurs qui passent plus de 90 % de leur temps sous l’eau à des profondeurs où les radars ne pénètrent pas et où il est compliqué d’envoyer des caméras ».

Sphyrna va donc aller aux devants des baleines, car grâce à sa mobilité, les scientifiques espèrent récupérer des trésors d’enregistrement acoustique d’une « qualité fabuleuse ». En effet, le déplacement de Sphyrna se fait en silence, grâce à sa motorisation. Au bout d’un mois et demi de mission, les données récoltées par le drone, répondront sûrement aux questions de type, que se passe-t-il à 300 m de profondeur ? Est-ce que les cachalots et baleines fuient le bruit ?

Gageons que cette première mission sera un succès, et que Sphyrna continuera à écouter le chant des baleines.

Crédit photo : ludovic-hoarau

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