Pêche : bataille navale autour de la coquille Saint-Jacques

Pêche : bataille navale autour de la coquille Saint-Jacques

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C’est une nouvelle bataille navale entre la France et le Royaume-Uni, qui se déroule au large de la baie de Seine depuis des années. Une sorte de guérilla aquatique entre les pécheurs des deux pays autour de la pêche des coquilles Saint-Jacques. Pêcheurs Français et Britanniques s’insultent et se jettent des pierres, mais le différend a pris une autre dimension. Des altercations impliquant cinq bateaux anglais et trente-cinq Français, se sont produites au large de la baie de Seine, dans les eaux communautaires, accessibles à tous les navires de l’Union européenne.

Il semblerait, que les Normands aient cherché à faire fuir les Britanniques d’un gisement de coquilles Saint-Jacques qu’ils tentent de préserver. Des navires ont joué aux bateaux béliers en fonçant sur d’autres. Trois embarcations présenteraient des trous dans leur coque. Heureusement, il n’y a pas encore eu de blessé, mais Laurent Jacques, le maire du Tréport, craint que cela ne soit pas toujours les cas. Il confesse, “tout le monde est super remonté”.

A la base du conflit entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques, on retrouve une différence de réglementation entre les deux pays. En France, la coquille Saint-Jacques ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Or, les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées. En France, cette activité représente environ 600 bateaux et emploie 2 400 marins. En 2017, la production était de 30 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires de 87 millions d’euros.

Pour éviter les tensions inévitables, un accord reconductible chaque année, a été conclu en 2013 entre Français et Britanniques pour que ces derniers respectent les mêmes dates de pêche. Cependant, il ne s’applique pas aux bateaux de moins de quinze mètres. Facile d’imaginer la manne et la tentation que cela représentent pour les pécheurs britanniques ayant des bateaux aux dimensions requises.

Les Français demandent depuis plusieurs années, que l’accord soit étendu à ces navires de moins de quinze mètres, mais les Britanniques refusent. Cette année, les Français en guise de protestation, ont refusé de signer l’accord global. Aussitôt, les Britanniques en ont profité et sont venus pêcher plus tôt que les années précédentes, et avec de plus gros bateaux.

Le souci, c’est que cette réglementation a été prise à l’initiative des organisations professionnelles françaises de pêcheurs, afin de protéger les ressources et de laisser à la coquille le temps de grossir. On ne peut pas cette fois, évoquer le coupable pratique et commun que représente souvent la Commission européenne. Celle-ci réglemente le plus souvent la pêche d’espèces dont les stocks sont menacés, ce n’est pas le cas des coquilles Saint-Jacques. De plus, il s’agit d’une ressource côtière et sédentaire, pêchée principalement dans les eaux nationales.

Pour l’instant, aucune sanction n’a été prise, mais les pêcheurs français et britanniques de coquilles Saint-Jacques se réuniront pour mettre un terme aux altercations et éviter des drames. En attendant peut-être une nouvelle donne que représente l’entrée en matière du Brexit qui selon Dimitri Rogoff, président du comité des pêches de Normandie, pourrait exclure les pêcheurs britanniques de ces eaux. Il affirme, “normalement, après le 29 mars 2019, les Britanniques seront considérés comme un pays tiers et n’auront plus accès à ces zones-là”.

Crédit photo : Office de tourisme BAYEUX – BESSIN – PLAGES DU DEBARQUEMENT

 

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