A Cuba comme ailleurs, les croisiéristes sont de piètres clients

A Cuba comme ailleurs, les croisiéristes sont de piètres clients

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Cuba s’ouvre à l’extérieur et veut profiter de la manne financière que représente le tourisme. Les propositions les plus diverses naissent pour visiter ce pays de différentes manières. Comme toujours, cela ne va pas sans de nombreuses et fâcheuses conséquences. Parmi elles, nous retrouvons toutes ces croisières organisées, sur d’immenses paquebots, qui font escale à Cuba. Leur succès n’est plus à démontrer du côté des touristes, mais par contre, comme partout où elles fleurissent, elles ne sont pas forcément du goût des commerçants locaux, qui sont obligés de s’adapter à un public peu dépensier.

Bien sûr, pour l’Etat cubain, c’est une manne d’argent. Celui-ci perçoit des droits de mouillage de plus en plus importants. Cette filière est la conséquence directe de la reprise des relations entreprises par les présidents Barack Obama et Raúl Castro. Cependant, les conséquences sur le terrain sont plus complexes et mitigées.

Les statistiques cubaines sont claires, un voyageur classique va dépenser une moyenne de 765 dollars, un croisiériste ne dépensera que 50 dollars. Nous sommes dans le cœur de la problématique du tourisme de masse. L’exemple du paquebot géant comme le Majesty of the Seas avec ses 268 mètres de long et ses 2 700 passagers, est significatif. Il déverse et rembarque ses passagers en un temps-record dans le port de La Havane, à deux pas du cœur historique de la ville. Celui-ci ne sera plus pareil durant cette véritable invasion, pour au final un résultat économique maigre. On comparerait tout cela plus, au passage d’un nuage de sauterelles nuisibles au bon séjour et à l’image du pays pour les autres vacanciers.

Les commerçants les plus proches sont littéralement assaillis, par une clientèle pressée et presque sur les nerfs, qui s’engouffre dans des cars pour une visite guidée et minutée de la ville. Pas question de s’éloigner ou de déroger au programme du  prospectus, qui du coup, impose plus qu’il ne propose. Pour Cuba, ce sera un “Cuba libre” dans un bar avec un peu de danse, pas plus loin que les rues avoisinantes de la Habana Vieja et de manière très ironique l’achat d’un énième objet à l’image du “Ché”.

On assiste alors, à la mise en place d’une multitude d’ersatz de productions locales et typiques. Le plat traditionnel de tacos devient un plat de tapas, qui a le mérite d’être “dégusté” en moins de cinq minutes, et les nombreux objets en bois qui doivent être produits en masse, n’ont évidemment plus rien d’authentique. Les croisiéristes ne sont pas à la découverte d’un pays, mais dans la recherche de bons moments et de photos pour Facebook. Cuba s’adapte et les commerçants ne proposent plus des objets typiques, mais des souvenirs à bon marché.

Cette année, le port de La Havane devrait recevoir 500 000 passagers, contre 328 000 en 2017, et les croisiéristes représentent désormais 15 % du marché.

Crédit photo : Corey Seeman

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