Etats-Unis : les “deep fake” peut-être sur la liste des menaces à la sécurité nationale

Etats-Unis : les “deep fake” peut-être sur la liste des menaces à la sécurité nationale

0

Devant l’utilisation et surtout la facilité d’élaboration de ce que l’on appelle les “deep fake”, ces montages vidéo dopés à l’intelligence artificielle, des élus américains veulent légiférer pour faire inscrire cette pratique sur la liste des menaces pour la sécurité nationale. En toile de fond de cette volonté, on retrouve les élections de mi-mandat. Ils redoutent qu’après la campagne présidentielle de 2016, qui a vu l’importance de l’influence des “fake news”, celle de novembre devienne le terrain d’acteurs étrangers diffusant ces fausses vidéos pour influencer le vote.

Petit rappel technique, le “deep fake”, permet de créer des montages vidéo grâce à un algorithme en substituant notamment une personne par une autre. Au début, la technique était assez facile à repérer et elle était surtout utilisée dans le domaine du porno. Cependant, la technique a évolué et bien sûr, l’idée a germé de ne pas simplement mettre certaines célébrités, ou des personnes publiques et politiques juste dans des situations suggestives.

Le déclic s’est cristallisé autour du trucage du site Buzzfeed, publié en avril 2018. On y voit un Barack Obama plus vrai que nature insulté Donald Trump en le traitant de “grosse merde”. Le résultat était parfaitement bluffant et bien malin, qui pouvait y voir un montage de toutes pièces. A la lueur des derniers événements, une vision horrible faite d’agents russes faisant circuler, des montages réalisés pour faire tenir à des candidats des propos à même de ruiner leur réputation et leurs chances de se faire élire, s’est emparée de certains élus.

Les scénarios les plus terribles sont soudain apparus, car ces trucages ne demandent pas de connaissances très approfondies en mathématiques, ni de matériel informatique très perfectionné. Des algorithmes suffisent, à condition de leur fournir une base de données suffisante d’images et de vidéos de la victime. Bien sûr, il existe aussi des parades, mais comme le signale Alan Dolhasz, on va se diriger vers “une course technologique entre les faussaires et ceux qui essaient de les contrer”. Il rajoute à juste titre, que de toute façon, on ne peut pas lutter si “les gens veulent croire aux “deep fake”. Il rajoute, “s’ils ont confiance dans la personne, qui sur Facebook, leur envoie un lien vers une vidéo truquée, ils seront moins susceptibles de chercher si elle est fausse, c’est ce qui s’est passé avec les fake news durant l’élection américaine de 2016″.

Trois élus appartenant à la chambre des Représentants, deux démocrates et un républicain, ont demandé au gouvernement américain d’inscrire les “deep fake” sur la liste des menaces à la sécurité nationale. Il est vrai, que l’enjeu dépasse même les élections de mi-mandat aux États-Unis. Que se passerait-il, si une vidéo truquée dans laquelle un chef d’État déclarait la guerre à un autre pays était diffusée à grande échelle ? Pas la guerre forcément, mais certainement des réactions locales très graves.

Crédit photo : Curt Johnson

PAS ENCORE DE COMMENTAIRE.

Commentez