Les Maldives, la montée des rivalités avant la montée des eaux

Les Maldives, la montée des rivalités avant la montée des eaux

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Si nous évoquons, Les Maldives, nous pensons immédiatement à des décors exotiques et des plages paradisiaques. Cette image idyllique, a été nettement entachée ces derniers temps par une situation politique tendue, qui a vu l’autoritaire président Abdulla Yameen au bord d’une défaite électorale très inattendue. A plus long terme, cette image va devenir un pur souvenir, car Les Maldives, est un micro-Etat touristique de l’Océan indien, menacé par le réchauffement climatique en raison de sa faible altitude.

Petit tableau récapitulatif de la situation. Les Maldives, un des plus petits Etats membres de l’ONU, avec 340 000 habitants (recensement de 2014). Longtemps dirigé par des pouvoirs forts, notamment par Maumoon Abdul Gayoom, président de 1978 à 2008. Le premier président, démocratiquement élu après l’introduction du multipartisme, s’appelle Mohamed Nasheed. Il a dû démissionner sous la pression de l’appareil sécuritaire, et il a été battu lors d’un scrutin controversé par Abdulla Yameen, demi-frère de Maumoon Abdul Gayoom. Les principaux opposants sont emprisonnés ou s’exilent. La presse et les réseaux sociaux sont muselés. Cependant, la situation se tend encore avec l’éventuelle surprenante défaite du président en place, qui va certainement donner lieu à un large flottement et une période d’instabilité.

Le plus terrible, c’est que tout ceci n’est que politique, et il apparaît presque dérisoire, quand on évoque la situation en toile de fond de ces 1 192 îles, éparpillées sur 800 km dans l’Océan indien, au Sud-ouest du Sri Lanka. Il reste, que ces plages et ces magnifiques décors se révèlent particulièrement vulnérables au réchauffement climatique. Avec 80 % des terres à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer, on comprend très vite que la moindre variation peut avoir des conséquences dramatiques. C’est pour cela, qu’en 2009, Mohamed Nasheed, alors président, a même organisé un Conseil des ministres sous-marin pour sensibiliser à ce danger. Il s’agissait de prévenir, que les habitants de l’archipel risquaient de devenir des “réfugiés climatiques” et qu’il serait urgent et prioritaire de s’en préoccuper.

Sans aller jusqu’à sa disparition, les conséquences sur la montée des eaux et donc de la diminution des plages paradisiaques de sable blanc et sa mer bleue turquoise, qui est la principale ressource du pays, serait terrible. Celle-ci, représente près de 40 % du PIB en 2017 et 16 % des emplois, selon le Conseil mondial du tourisme et des voyages. Cette destination, a attiré 726 515 touristes au premier semestre 2018, en hausse de 10 % sur un an.

Cette manne touristique, a permis de faire progresser le PNB par habitant de plus de 200 % entre 1990 et 2015 selon la Banque mondiale, mais le pays affiche un fort endettement.

Hélas comme souvent, cette menace concrète, mais à plus long terme, passe pour l’instant en arrière-plan face à des préoccupations plus mercantiles et immédiates. Le pouvoir en place, a refusé de faire entrer un groupe d’observateurs internationaux pour les élections. Cela peut faire craindre de nouvelles crispations du régime maldivien, qui se sont intensifiées début 2018 avec l’imposition par le président de 45 jours d’état d’urgence. Cette décision, a été vu comme une “attaque en règle contre la démocratie”, selon l’ONU.

Les Maldives, ont quitté le Commonwealth en 2016, en raison de critiques sur les droits de l’Homme. Le pays a longtemps pratiqué un islam modéré, avant de se durcir avec un afflux d’argent et de prêcheurs salafistes venus du Moyen-Orient. L’islam sunnite, est la religion d’Etat, toute autre religion étant proscrite. L’alcool est interdit, uniquement disponible dans les hôtels pour touristes. L’homosexualité est illégale. Les femmes reconnues coupables de relations hors mariage, peuvent être fouettées.

En attendant que la montée des eaux, règle tout définitivement.

Crédit photo : eric

 

 

 

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