La généalogie génétique permettrait l’identification de plus de la moitié de la population américaine

La généalogie génétique permettrait l’identification de plus de la moitié de la population américaine

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Chaque avancée technologique entraîne des conséquences. Selon une étude publiée dans la revue Science, la technique de la généalogie génétique, qui a permis l’arrestation du “Golden State Killer” quatre décennies après ses meurtres en série, peut aujourd’hui conduire à l’identification de plus de la moitié de la population américaine. Les auteurs de l’étude prédisent même que dans quelques années, la totalité de la population blanche sera probablement identifiable génétiquement, avec toutes les conséquences qui vont se présenter au fur et à mesure.

Petit retour en arrière, dans l’affaire du Golden State Killer (12 meurtres), la police retrouve une trace ADN qui ne correspond à aucune dans son fichier génétique. Dans un premier temps, elle en reste là, jusqu’à ce qu’elle ait eu l’idée de télécharger son ADN sur GEDmatch.com. Un site gratuit qui permet à chacun d’ajouter une fiche ADN. En retour, il produit une liste de personnes ayant des génomes proches, classés du plus proche au plus lointain, avec un nom et une adresse e-mail. La police retrouve alors des cousins au troisième degré, qui se sont inscrits. Les enquêteurs reconstituent l’arbre généalogique, jusqu’aux années 1800 et redescendent patiemment vers leurs centaines de descendants. Par élimination par sexe, âge et domicile, ils sont tombés sur Joseph James DeAngelo. Un prélèvement discret de l’ADN sur une poignée de voiture et dans sa poubelle, a permis de confirmer sa culpabilité en le comparant à celui retrouvé sur un meurtre de 1980.

Ce cas, a fait maintenant école, et les polices de tout le pays imitent la technique. Treize personnes ont été arrêtées en cinq mois, selon la société Parabon, qui travaille sur 200 échantillons ADN mystérieux.

Merveilleux coup de pub pour ces sites comme MyHeritage, l’un des sites qui analysent le génome à partir d’un échantillon de salive, pour 79 à 99 dollars. D’ailleurs, c’est Yaniv Erlich, directeur scientifique du site MyHeritage, qui est l’auteur principal de l’étude. Il explique, “nous sommes bien partis pour que quasiment tout le monde d’origine européenne ait un cousin du troisième ordre dans ces bases de données” et il rajoute très visionnaire, “je prédis que cela arrivera dans un an ou deux“.

Cependant, il faut considérer un petit bémol concernant, les personnes noires, moins intéressées par ce type de site. Cela peut paraître normal, vu que leurs ancêtres ont plus de chances d’être tout simplement des esclaves.

Au-delà de ce bémol, il y a aussi une menace future, celle de détournement illégal des données génétiques. Benjamin Berkman, chercheur en bioéthique au National Institutes of Health, alerte “il faut vraiment que les gens comprennent pleinement ce que deviennent leurs données quand ils les téléchargent sur ces sites”.

De son côté, Natalie Ram, professeure de droit à l’Université de Baltimore, met l’accent sur le vide juridique, qui gravite autour de cette pratique. Elle imagine les mêmes abus que lorsque la police accède à des e-mails ou relevés téléphoniques de gens innocents, et réclame la même protection constitutionnelle pour les données génétiques.

Crédit photo : Mohd Imran Ismail.

 

 

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