Ecole en France : des blouses, mais jamais d’uniformes

Ecole en France : des blouses, mais jamais d’uniformes

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Nous sommes parfaitement libres de penser, que l’uniforme à l’école serait une bonne chose pour nos enfants. Cependant, il convient de le faire pour de bonnes raisons, et pas en donnant de mauvaises explications. Cette option vestimentaire est revenue sur le devant de la scène avec l’adoption de cette pratique par une école de Provins. Elle remet sur le devant de la scène, un débat, qui revient dans l’actualité à intervalles réguliers. Depuis 2013, trois propositions de loi ont été déposées en ce sens. Il est important donc, de rappeler une bonne fois pour toutes, il n’y aura pas de “retour” pour la bonne et simple raison, que l’uniforme n’a jamais été obligatoire au primaire, et il était très majoritairement réservé aux écoles huppées dans le secondaire.

Pour les plus anciens, on va se rappeler d’une certaine uniformité de tenues, qui n’est en fait, que l’emploi majoritaire de la blouse. A ce sujet, l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, rappelle que faire penser que l’uniforme était jadis obligatoire dans le primaire et le secondaire, est “une blague historique à laquelle beaucoup de personnes croient”. Il insiste, “manifestement, un tas de gens ont une mémoire faussée sur ce sujet. C’est étonnant“.

À l’école, on portait des blouses, et si celles-ci étaient similaires, elles n’étaient pas forcément identiques, et jamais obligatoires. Claude Lelièvre, précise qu’elles avaient uniquement une dimension pratique. Il reste, qu’à l’époque, si l’instituteur exigeait, cela avait valeur surtout chez les familles modestes, d’un ordre. De plus, les choix vestimentaires étaient bien plus réduits. On comprend aussi facilement l’utilité de la blouse, lorsque l’on est confronté à l’apprentissage de l’écriture avec l’encre et la plume. Elle protégeait les habits, qui eux n’avaient rien d’uniformes. On soulignera jamais le poids de l’arrivée et de l’utilisation du stylo bic dans la disparition de la blouse à l’école.

Jean-Yves Rochex, professeur de sciences de l’éducation à l’université Paris 8, revient quant à lui sur l’illusion d’égalité, “c’est de la poudre aux yeux“, il complète, “on peut mettre tous les uniformes que l’on veut ça ne réglera pas les inégalités dans le milieu scolaire“.

Le chercheur perçoit une réponse démagogique et illusoire, face à la crise que traverse l’institution scolaire. Beaucoup font semblant d’oublier, selon Jean-Yves Rochex, “dans les années 50, l’école était bien plus inégalitaire qu’aujourd’hui“.

Claude Lelièvre rappelle, que dans le secondaire l’uniforme était “très majoritairement” réservé aux écoles huppées et servait “le patriotisme d’établissements”. Le but n’a donc jamais été l’égalité interne, mais bien la fierté d’appartenir à tel ou tel établissement, garant de votre condition, et même au sentiment d’appartenance à une élite.

On souhaite bien sûr, que l’expérience de Provins marche. Pour 137 euros, chaque enfant disposera d’un pantalon coupe droite, d’un gilet bleu ciel, de polos brodés de la devise républicaine et d’un blouson style aviateur. A noter, que l’ensemble est fourni gratuitement aux familles les plus modestes, ce qui aide à sa popularité. Enfin, pour ne pas prendre trop de risques, elle va tout de même rester non-obligatoire.

Prenons cette expérience pour ce qu’elle est, une expérience nouvelle tournée vers le futur, et pas un retour vers un passé nostalgique, empreint de vision erronée et tendancieuse.

Crédit photo : Anne-Marie CASANOVA épouse SECCHI

 

 

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