Mouvement des gilets jaunes : les gagnants et les perdants

Mouvement des gilets jaunes : les gagnants et les perdants

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Qu’il le veuille ou pas, le mouvement s’essouffle et il va falloir penser à l’après. Dès lors, même si de nombreux Partis affichent une sorte de “dégagisme” de bon aloi, il est clair, que chacun fait ses comptes en vue des prochaines élections européennes. Cette crise et toute cette agitation, ont remué le pays et la classe politique, résultats il y a bien sûr des gagnants et des perdants.

Dans la catégorie gagnante, on retrouve le Rassemblement National. Il a surtout eu l’avantage d’avoir presque rien à faire. Une crise sur fond de ras-le-bol fiscal, c’est sa tasse de thé, il lui reste à alimenter discrètement la grogne en distillant avec parcimonie, la revanche contre les élites, la dépendance à l’Europe et un clin d’œil à l’immigration via le traité de Marrakech. Ensuite, des mouvements de rue et des affrontements sont favorables à l’émotion et aux slogans plutôt, qu’à la réflexion et aux analyses, c’est donc plus dans les cordes du Parti de Marine Le Pen.

Nicolas Dupont-Aignan, tire lui aussi les marrons du feu, mais pour cet énarque, il faut batailler pour se montrer proche du peuple. Alors, il n’a pas hésité à sortir la grosse artillerie avec efficacité. Sa remarque concernant “les casseurs de Castaner” au sujet du saccage de l’Arc de triomphe, a séduit une frange des “gilets jaunes”. De plus, il faut rappeler, que le racket des automobilistes est un de ces thèmes préférés.

Nous retrouvons dans le clan des perdants, bien sûr le gouvernement et le chef de l’Etat, qui visiblement n’ont pas pris la mesure et les conséquences d’une taxe de trop, qui a fait déborder la fiscalité. La politique fiscale, est perçue comme abusive et injuste, et le plus terrible, c’est qu’il a fallu revenir en arrière, sans pour autant effacer un comportement ressenti, comme arrogant.

Cependant, du côté des perdants, on retrouve aussi Laurent Wauquiez, qui n’aura jamais été là où il faut, au moment où il faut. Il fut transparent lors de ces différentes prestations médiatiques. Un comble, pour le représentant d’un Parti censé être très en pointe sur la fracture territoriale et les petits retraités. Sa vaste hésitation, se résume dans l’épisode du gilet enfilé puis oublié, qui fait écho à un soutien, à cette colère et le refus de la violence comme de la remise en cause des institutions.

On passe très vite sur les socialistes et les verts, les premiers sont divisés, car le mouvement correspond au rejet d’une fiscalité écologique qu’ils avaient portée alors qu’ils étaient au pouvoir. Quant au second, ils étaient les seuls à défendre coûte que coûte les hausses de prix des carburants au nom de la transition énergétique, avec il est vrai, une meilleure répartition. L’annonce du gouvernement de revenir sur la taxe carbone, a été critiquée par EELV.

Il reste la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, qui apparaît un peu comme le “cocu” de l’histoire. Il affirme en effet avec justesse, que “si on regarde leurs revendications, on s’aperçoit que 70 % d’entre elles étaient dans mon programme“. On peut remarquer, qu’il a lui-même sans grand succès, tenté de faire bouger les choses et les gens, lors d’actions les semaines précédentes. Il a largement soutenu le mouvement, mais bizarrement les derniers sondages montrent, que les gens seraient prêts à voter extrêmement à droite pour défendre des idées extrêmement à gauche.

Crédit photo : 1995

 

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