Brésil : l’indifférence du Congrès face aux revendications des indigènes

Brésil : l’indifférence du Congrès face aux revendications des indigènes

0

Nous sommes souvent navrés, désolés et parfois écœurés par le manque de présence des députés dans un hémicycle pour débattre d’un sujet qui nous semble important. Ce phénomène n’est pas une spécialité hexagonale. C’est certainement, ce sentiment que plusieurs centaines d’indigènes brésiliens en costumes traditionnels, ont dû ressentir. Ils ont reçu un accueil réservé au Congrès à Brasilia. On peut dire pudiquement, que cet accueil fut feutré, car peu de parlementaires étaient présents pour écouter leurs doléances.

Ils sont venus courageusement pour faire entendre leurs revendications au droit à la terre. Les leaders de tribus autochtones s’opposent vigoureusement à l’expansion des activités minières et agricoles. Hélas, en face d’eux, il y a maintenant, le Président Jair Bolsonaro et son gouvernement bien décidés à faire plaisir à de nombreuses grosses entreprises qui lorgnent depuis longtemps sur ces terres ancestrales.

Lindomar Terena, membre de la coordination des peuples indigènes du Brésil, a expliqué, “si nous ne gardons pas la tête haute, le gouvernement va continuer à piétiner nos droits” à l’occasion d’une séance spéciale à la chambre basse. Cette séance spéciale, a été organisée à l’appel de Joenia Wapichana, la première indigène élue députée. De son côté, le chef indigène Raoni Metuktire, fait une déclaration lors d’une séance au Congrès brésilien.

Dans la foulée, ils ont également été reçus par le président du Sénat Davi Alcolumbre et participé par la suite à une séance en hommage aux peuples autochtones.

Les revendications des indigènes sont simples, elles concernent la démarcation des terres. Jusqu’ici, c’était la Funai, organisme public chargé des questions indigènes qui s’en était occupé. Jair Bolsonaro lui a retiré cette responsabilité pour la transférer au ministère de l’Agriculture. Or, celui-ci se trouve sous la coupe des lobbyistes de l’agro-négoce. Il est donc facile de comprendre ce qui va se passer.

C’est pour cela, que les chefs indigènes sont venus demander aux congrès de ne pas donner un caractère définitif à ce qui est encore une mesure provisoire, car c’est le congrès qui doit approuver l’application pour la rendre définitive. Hélas, visiblement leurs demandes et leurs revendications, ont trouvé peu d’écho, car dans chaque chambre, le nombre d’indigènes était très largement supérieur à celui des parlementaires.

Rogério Carvalho, Sénateur du Parti des Travailleurs (gauche) regrettent “certains parlementaires s’intéressent peu à la question indigène. Nous vivons, un moment difficile pour les peuples autochtones de notre pays à cause des prises de position de ce gouvernement“.

Il reste, le folklore bien inoffensif autour des cérémonies se déroulant au Congrès dans le cadre du rassemblement annuel “Camp de la terre libre” qui a rassemblé près de 4 000 personnes, juste dans la capitale brésilienne.

Crédit photo : raphael-nogueira

 

 

PAS ENCORE DE COMMENTAIRE.

Commentez