Le surtourisme, un vrai défi à la préservation des cultures

Le surtourisme, un vrai défi à la préservation des cultures

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On connaissait le tourisme de masse, une notion qui faisait déjà peur pour les endroits pas forcément bien préparés pour accueillir un afflux de touristes, de leur côté pas forcément bien encadrés. On parle maintenant de surtourisme, dans le cas de certaines destinations très prisées. Les variations incessantes aboutissant parfois à la présence de touristes en surnombre, et de plus en plus mal vécues par les habitants. Certaines autorités locales commencent à affronter ce phénomène inquiétant.

De plus en plus de monde, bouge et partout, cela inquiète quand il s’agit de migrants, cela intéresse quand il s’agit d’expats, cela laisse de plus en plus dubitatif quand il s’agit de hordes de touristes. Il apparaît de plus en plus difficile pour certains sites touristiques de conjuguer l’accueil touristique et préservation de son identité. C’est même devenu un sujet de nombreux rapports de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Le cas le plus typique et le plus classique semble être Venise. Chaque année, près de 30 millions de visiteurs arpentent la Cité des Doges, et les 55 000 habitants du centre-ville n’en peuvent plus. En quarante ans, la moitié des habitants du centre de Venise ont disparu. La ville est maintenant aux prises avec les paquebots géants des croisiéristes qui fragilisent les fondations de la ville, qui n’avait pas besoin de cela pour être menacée d’engloutissement.

Venise n’est plus la seule aux prises avec un vrai danger, des villes comme Barcelone, Dubrovnik, Lisbonne, Amsterdam, Salzbourg, Reykjavik, ont vu leurs fréquentations touristiques monter en flèche avec les conséquences qui vont de pair. Les symptômes varient, mais ils sont souvent similaires, infrastructures saturées, métamorphose du tissu commercial, dégradations et incivilités, hausse des prix et flambée des loyers. Et surtout derrière tout cela, cette indéfinissable, mais bien réelle impression que la ville a perdu quelque chose, son âme certainement. Ce n’est plus une ville, cela devient une carte postale ou pire un selfie. La ville n’accueille plus, elle sert de toile de fond.

Le problème, c’est comment ne pas succomber à une telle manne de fonds immédiat. Difficile de faire comprendre à tous, que trop de touristes maintenant, va détruire ce qui justement les attire, et provoquera à long terme leur départ. A ce jeu-là, c’est encore un peu le système D et chacun y va de sa petite idée.Venise vient par exemple d’inaugurer une taxe frappant tous les visiteurs, y compris les croisiéristes. Les recettes estimées entre 40 et 50 M€ serviront à nettoyer la ville. D’autres villes optent pour une limitation des visiteurs et un droit d’entrée par la même occasion. C’est le cas par exemple pour le centre-ville de Dubrovnik en Croatie, ou l’île de Santorin en Grèce.

Plus drastique, l’élimination de choses, de quartiers connus, mais pas vraiment porteurs et flatteurs pour l’image de la ville. Par exemple, à Amsterdam, la municipalité a prévu d’interdire les visites guidées du Quartier rouge à partir de l’année prochaine.

Tout ceci en attendant, une vraie réflexion globale qui doit se faire avec tous les acteurs touristiques, et même la participation de chacun d’entre nous, car nous sommes tous potentiellement des touristes à la curiosité parfois malsaine. On ne peut certainement pas aller partout, n’importe quand et n’importe comment juste parce que l’on veut voir.

Crédit photo : Corey Seeman

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