Matchs truqués : les “court-siders”, ces indésirables des gradins

Matchs truqués : les “court-siders”, ces indésirables des gradins

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Sous des aspects bons chics bons genre, le tennis comme de nombreux sports à sa part d’ombre. Les matchs truqués font partie de cette face cachée pas très reluisante. Ils sont la conséquence des nombreux paris qui entoure certains matchs. Dans cette organisation parallèle, les “court-siders” sont chargés d’envoyer les résultats des matches de tennis avant les machines et les médias.

Ils essayent de se faire le plus discret possible, au milieu dans les gradins ou près des courts de tennis, un portable vissé à la main. Cependant, ils ne sont pas là pour le plaisir et la beauté du jeu, ils travaillent. Pour eux, cela consiste à regarder des rencontres entre deux inconnus dans des tournois “Futures”, la dernière division mondiale du tennis, ou bien dans des “Challengers”, un peu mieux dotés. Mais ils ne sont pas là pour leur passion pour le sport. Ils travaillent. “Ils doivent rapidement donner les résultats et les gagnants et notamment à l’étranger avant que la Fédération internationale (ITF) ne les enregistre”, explique un spécialiste du dossier.

À l’autre bout de la chaîne, souvent des escrocs qui vont parier sur des matches quelques secondes avant que l’ITF ait le temps de les enregistrer, mais aussi des opérateurs qui ont besoin de statistiques. En cela, ils ont les maillons de l’industrie florissante des paris en ligne.

Cependant, ce qu’ils font n’est pas complètement illégal. Certains touchent jusqu’à “2000 euros la semaine” selon une source policière. Leur statut, en revanche, l’est beaucoup moins. Un statut hybride, légal sans vraiment l’être. Un pays comme l’Australie fait du “court-siding” une infraction pénale.

Par contre en France, on installe une surveillance et on essaye de limiter leur action. Cela passe par exemple par un règlement interdisant l’usage abusif du téléphone dans les gradins. L’obtention obligatoire d’un badge. Cependant, une fois repérés par les organisateurs, ils sont conduits à la sortie, mais ne risquent rien, car ils ne font rien d’illégal de plus, donc. “Ils ne font rien d’illégal, c’est compliqué“, reconnaît le directeur du tournoi de Bressuire, Pierre-Jean Drouillard.

Les choses deviennent plus sérieuses quand certains “court-siders” servent de relais à des réseaux mafieux et tentent d’approcher les joueurs pour leur proposer de l’argent pour manipuler un match.

La solution se trouve plutôt en amont, il faut limiter les possibilités de paris et notamment ceux effectués aux derniers moments et sur des tournois trop petits.

Crédit photo : ben-hershey

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