Les recherches scientifiques étudient les mâles et rarement les femelles

Les recherches scientifiques étudient les mâles et rarement les femelles

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La volonté de se défaire de certains préjugés notamment sexistes, n’épargne aucun domaine. Dernier épisode de cette quête incessante, s’invite dans la recherche scientifique. Une tribune parue dans une revue scientifique et signée par la chercheuse américaine en neurobiologie Rebecca Shansky, met en lumière les nombreux stéréotypes qualifiés de patriarcaux, qui règnent encore dans de nombreux laboratoires.
 Maintenant, que Rebecca Shansky est aujourd’hui en poste au laboratoire de neuroanatomie et de comportement à l’université Northeastern à Boston, elle a décidé de partir en guerre contre une pensée archaïque, qui ne devrait plus avoir lieu au XXI siècle. Il apparaît en effet bizarre, qu’un domaine par définition à la pointe du progrès continu à fonctionner avec une vision étroite qui correspond à des critères du XIXe.
Cette vision soutient que les femmes sont plus compliquées que les hommes. Postulat, qui dépend plus de la conception de la société que de la stricte rigueur scientifique. Il a conduit les scientifiques, à limiter presque exclusivement leurs expériences et leurs études depuis un demi-siècle, sur des souris, des rats et des primates mâles. Depuis, il a pourtant été établi que les souris mâles démontrent eux aussi des variations importantes allant du simple au quintuple du taux de testostérone, selon qu’ils sont dominants ou pas. Cependant, cette variation n’a pas trouvé un écho dans le monde de la science et elle a été était considérée comme “un non-problème”, selon la chercheuse.Ces révélations pourraient être traitées comme une simple volonté féministe, dans la lignée de l’air du temps. Pour Rebecca Shansky, cela va plus loin, car ce serait pour cela, que les laboratoires pharmaceutiques développent des médicaments dont on s’aperçoit ensuite qu’ils ne sont pas tout à fait adaptés aux femmes. Des cas évidents sont recensés dans des domaines, qui touchent plus les femmes que les hommes comme les maladies mentales, la dépression ou l’anxiété.

Un des exemples emblématiques est le somnifère Ambien. Celui-ci produisait plus d’effets indésirables chez les femmes que les hommes. Pour ce médicament, la posologie a dû être changée, car on s’est aperçu après bien des déboires que les femmes devaient finalement prendre la moitié de la dose des hommes, car elles métabolisent le médicament différemment.

L’article de Rebecca Shansky s’inscrit dans un mouvement de fond, qui commence à prendre en compte les différences entre sexes, pour l’efficacité des traitements contre le cancer. Depuis 2016, les fonds de recherche publics américains requièrent que les études financées prennent en compte le sexe comme variable biologique.

Crédit photo : louis reed

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