L’expédition en Méditerranée d’un bateau fabriqué en roseau fait débat

L’expédition en Méditerranée d’un bateau fabriqué en roseau fait débat

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L’Arbora IV, est un bateau qui prendra le large mi-août, pour traverser la Méditerranée et rejoindre la mer Noire. Si le trajet n’est pas une première ou un exploit, c’est le bateau qui constitue la particularité de cette traversée. Il s’agit d’une nef construite en Papyrus. Elle a été conçue pour prouver que les Égyptiens pouvaient traverser la Méditerranée à bord de bateaux semblables il y a de cela 4 000 ans.

Ce projet est à l’initiative du chercheur allemand Dominique Goerlitz et réalisé par une équipe internationale basée à Beloslav près de Varna, sur la côte bulgare. L’Arbora IV, est une embarcation de 14 mètres de long, elle est construite en roseau, elle dispose de deux voiles en lin de 62 et 40 mètres carrés, ainsi que d’un mât en bois. Elle devrait mettre une quinzaine de jours pour rallier la Crète.

Les Égyptiens, de grands navigateurs

Dominique Goerlitz veut prouver, que poussée par la recherche matériel nécessaire à la construction des pyramides, les Égyptiens sont allés bien plus loin que nous le pensions actuellement. Comme le papyrus des Égyptiens de l’Ancien Empire ne pousse plus en quantité suffisante, l’équipe a privilégié des roseaux totora importés du lac Titicaca. D’après le chercheur allemand, les roseaux permettront d’absorber plus de cinq tonnes d’eau pour garantir la stabilité du navire en mer.

Si la relation des Egyptiens avec la mer ne fait pas débat, la communauté scientifique reste par contre très divisée sur le sujet. Chloé Ragazzoli, elle-même égyptologue et maîtresse de conférences à Sorbonne université, est très sceptique. Elle déclare, “cette expédition ne peut pas se baser sur des sources historiques”. En effet, de nombreux vestiges ainsi que des sources iconographiques, font bien état de navires égyptiens, mais ils étaient en bois. En cela, elle est rejointe par un article de Pierre Tallet, co-directeur de la mission archéologique, datant de 2010, faisant état “de bateaux construits en bois de cèdre, spécialement conçus pour une navigation en mer“.

Concernant, ses bateaux en papyrus, des peintures les décrivant ont bien été retrouvées, notamment dans la tombe de Pouyemrê (XVIIIe dynastie). Cependant, ce serait plutôt de petites embarcations qui servaient vraisemblablement à naviguer sur le Nil et non à traverser la Méditerranée.

Souhaitons tout de même un bon voyage à L’Arbora IV. La réussite de son expédition sera certainement une belle aventure. A la manière du Kon-Tiki de Heyerdahl, elle prouvera rien définitivement, mais confirmera une hypothèse. D’ailleurs, le scientifique norvégien avait en 1977, tenté sur un bateau en roseaux, de rejoindre l’Egypte depuis l’ancienne Mésopotamie.

Crédit photo : flying-carpet

 

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