Football : un match arrêté pour propos homophobes

Football : un match arrêté pour propos homophobes

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Le coup de sifflet qui a interrompu la rencontre de L2 entre Nancy et Le Mans, a surpris bien du monde. Il n’était pas question de phase de jeu, ni d’incident sur le terrain, mais bien en raison des chants, clairement homophobes, qui se faisaient entendre dans les tribunes. Cet arrêt du match, qui a duré quelques minutes est d’autant plus étonnant, que ce n’est hélas pas la première fois, que de tels chants raisonnent dans un stade. A ce propos, cette décision arbitrale vient confirmer la nouvelle attitude plus sévère que les instances du football veulent prendre envers les propos et faits discriminatoires.
Nancy a finalement gagné le match face aux Manceaux. Cependant, l’arrêt du match par l’arbitre Mehdi Mokhtari, va faire l’objet d’un rapport qui aboutira à des sanctions contre le club Lorrain et ses supporters. Du coup, ce sera la première rencontre arrêtée en raison de chants homophobes, en France.

Cette décision arbitrale, a été saluée par la ministre des Sports Roxana Maracineanu. L’attitude des supporters en tribune inquiète depuis longtemps les instances sportives et celles du football en particulier. Les tribunes d’un match de foot, ont toujours été un lieu d’exutoire. Hélas, cela prend souvent un caractère haineux, raciste et homophobe.

Cette saison, la Ligue de football professionnel (LFP) et les différentes associations, comme la LICRA ou SOS homophobie, se sont plus concrètement unies autour de plans de lutte. C’est pour cela, que l’arbitre de la rencontre a utilisé la nouvelle possibilité, inscrite dans le règlement de l’UEFA d’interrompre un match. Il s’agit de permettre de faire taire des supporters trop injurieux et qui troublent la sérénité et le bon déroulement du jeu. De plus, il serait intolérable que les tribunes d’un stade deviennent des sortes de zones de non-droit où l’on peut injurier et insulter n’importe qui, en disant n’importe quoi.

A ce propos, il faut rappeler que la loi stipule, que la provocation publique à la haine ou à la violence, pour des raisons d’origine ou d’orientation sexuelle ainsi que la provocation à la haine ou à la violence lors d’une manifestation sportive, peut être punie. Les peines comportent de la prison éventuelle pour des cas graves et des récidives, mais le plus souvent, il est question d’interdiction de stade.

Le président lorrain Jean-Michel Roussier, admet que le règlement doit être appliqué sur le terrain et maintenant en dehors du terrain. Cependant, il fait remarquer à juste titre, “le football n’a pas vocation à traiter les problèmes de société tout seul. Ce dont on parle là, c’est des problèmes de société qui dépassent largement le cadre des enceintes du foot”.

Crédit photo : thomas serer

 

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