Cocorico : la justice française autorise le coq Maurice à chanter sans limite

Cocorico : la justice française autorise le coq Maurice à chanter sans limite

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“Il faut savoir raison garder”, heureusement la justice a gardé cette maxime en tête, concernant les aléas judiciaires d’un coq charentais. Celui-ci pourra encore chanter comme il le veut. C’est sur cet inhabituel thème, que le tribunal correctionnel de Rochefort a dû statuer pour finalement conclure que coq Maurice est autorisé à chanter.  L’affaire a profité des vacances de l’information pour apparaître comme un des suspens de l’été. D’un côté, le fameux coq prénommé Maurice pour affirmer s’il le fallait encore son côté gaulois, et ses propriétaires dignes représentant de la ruralité française menacée. De l’autre, les méchants voisins dans le rôle des “apatrides citadins”, qui entendent en finir avec les traditions qui passent par l’écoute du cri des animaux. Le tout sur fond d’Île d’Oléron, visiblement en proie à une forte colonisation touristique, certes économiquement indispensable, mais porteuse de conflits larvés.

L’histoire et le conflit ne datent pas d’hier et fait déjà du bruit depuis le printemps 2017. Face aux remarques et aux attaques, la propriétaire du gallinacé a réussi à faire signer 2 pétitions par environ 155 000 personnes. Me Vincent Huberdeau, l’avocat des plaignants, a bien essayé de limiter l’attaque frontale et casser l’image “les bobos contre les ruraux”. Il explique, que ce n’est pas le procès de la ville contre la campagne. C’est un problème de nuisance sonore dans une zone classée pavillonnaire au Plan local d’urbanisme. Ce n’est donc plus vraiment la campagne. Il conclut “mes clients ne reprochent pas au coq de chanter, mes clients cherchent à être tranquille le matin entre 6h30 et 8h30“.

Il reste, que la justice a évalué qu’il allait être difficile de dire à Maurice de chanter après 8h30. Des huissiers sont venus constater les méfaits sonores du volatile, mais ils n’ont pas établi la preuve d’une réelle nuisance. Visiblement, il n’a pas été possible de régler ce litige à l’amiable et avant d’avoir recours au fusil de chasse, le tribunal a tranché. Il a donné raison au gallinacé et à ses propriétaires. Les voisins doivent verser 1 000 euros de dommages et intérêts et à rembourser les frais de justice des propriétaires de Maurice.

Dans la foulée, et face à des cas relativement similaires, les défenseurs de la ruralité passent à l’action en utilisant cette décision qui peut faire jurisprudence. Pierre Morel-à-L’Huissier, député UDI et indépendants de Lozère, réfléchit actuellement à un projet de loi sur les bruits de la campagne. De son côté, Bruno Dionis du Séjour maire de Gajac 400 habitants, a profité du “grand débat national” pour publier une lettre ouverte défendant les bruits de la campagne. On évoque même de les faire passer dans le patrimoine à défendre.

Il reste, que ce genre de litige entre particuliers, se résorberait si tout simplement, certaines localités ne faisaient pas le choix financier d’une ouverture touristique et immobilière anarchique, qui permettrait de réellement garder un caractère campagnard à certains endroits. Si les “bobos” qui viennent s’installer, doivent accepter les habitudes campagnardes, d’un autre côté, il ne s’agit pas de les faire venir simplement pour leur argent et ne pas accepter les aléas de leur présence en nombre.

Il faut vraiment se mettre dans la tête, que nous somme tous les “étrangers” de quelqu’un.

Crédit photo : kazi faiz ahmed jeem

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