L’Iran autorise 3 500 femmes à un match de foot pour la première fois

L’Iran autorise 3 500 femmes à un match de foot pour la première fois

0

Il en est ainsi de certaines rencontres, l’enjeu dépasse largement le cadre sportif de la confrontation et des enjeux sportifs. A priori, le match de football entre l’Iran et le Cambodge comptant pour la Coupe du monde 2022 à Téhéran, devrait intéresser essentiellement les supporters des 2 équipes. Cependant, de très nombreux projecteurs sont tournés vers les tribunes, car 3 500 supportrices, ont pu acheter leurs billets pour assister à ce match. C’est une première depuis quarante ans.

Hélas, en toile de fond de ce qui peut apparaître comme une véritable avancée, saluée par une partie de l’Iran et d’autres pays, il y a la mort tragique d’une supportrice immolée par le feu en septembre dernier. Le destin tragique de Sahar khodayari, a pesé sur cette décision. Cette supportrice surnommée “Blue girl” en référence à son équipe favorite, s’était déguisée en homme pour pouvoir assister à un match de foot. Après avoir appris qu’elle allait passer six mois en prison, la jeune femme s’était immolée par le feu à Téhéran et a perdu la vie quelques jours plus tard à l’hôpital. C’est à la suite de cet incident, que la FIFA n’a pas cessé de faire pression sur l’Iran pour laisser les Iraniennes assister aux matchs.

3 500 places ouvertes et prises d’assaut

Du coup, des places ont été mises en vente pour cette rencontre, qui va se dérouler dans le stade idéalement appelé pour l’occasion “Azadi”, ce qui signifie “liberté” en persan. Ces places se sont vendues en seulement quelques heures. L’Irna, l’agence officielle iranienne a confirmé qu’il ne restait plus aucune place. D’ailleurs, les Iraniennes se sont organisées pour réclamer davantage de sièges avec le hashtag #WakeUpFifa”.

Des tribunes spéciales et séparées pour les femmes

Par contre, contrairement aux salles de cinéma et théâtre dans lesquelles les femmes peuvent être assises à côté des hommes, les futures supportrices de football seront installées dans des tribunes spécifiques. Entourées de grillage, pour ne pas qu’elles s’échappent, les 3 500 femmes présentes seront surveillées par quelque 150 policières. Cependant, il en faut plus pour Raha Pourbakhsh, une journaliste sportive, qui montre fièrement son billet électronique sur son téléphone portable. Elle déclare, “je n’arrive toujours pas à croire que cela va arriver. Après toutes ces années, à regarder tout à la télévision, je vais maintenant pouvoir vivre ça en personne”.

A partir de là, il faudra voir si cette décision reste de l’ordre de l’anecdote et de l’exceptionnel, pour faire bonne figure face à “la pression étrangère” ou si les Iraniennes pourront assister à d’autres matchs du championnat national ou d’autres rencontres internationales.

Crédit photo : tevarak-phanduang

PAS ENCORE DE COMMENTAIRE.

Commentez